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théorie politique

De la «gauche radicale» au FN, l’union nationale : je «suis Syriza»...

Publié le 29 Janvier 2015 par Philippe Bourrinet

Lire (signature) : Karlchen, au lieu de Karsten.

Apéro saucisson et ouzo...

De la «gauche radicale» au FN, l’union nationale : je «suis Syriza»

Elu avec 36,50 p. 100 des voix, soit autant que les abstentionnistes, Alexis Tsipras, la coqueluche du NPA et de la «gauche» dite «radicale» de Melenchon, a donc été porté au pouvoir.

Marine Le Pen en France a même proclamé que c’était une victoire du «souverainisme» national, oubliant de rappeler qu’elle bénéficiait des fonds importants de la Russie poutinienne pour mener ses campagnes électorales « souverainistes » anti-européennes.

S’ils avaient des illusions, les travailleurs grecs les ont très vite perdues. Ce n’était pas en tout cas la nouvelle génération, celle dont la moitié est au chômage, qui était présente sur les places d’Athènes pour crier son « enthousiasme » devant la «victoire» du « jeune chef». Des foules de vieux rescapés de la gauche du PC au PASOK, de syndicalistes blanchis sous le harnais de toutes les trahisons avaient sorti à qui mieux mieux leurs « drapeaux rouges », sur lesquels ils avaient eu la pudeur de ne pas inscrire les places ou les postes qu’ils escomptaient de cette « victoire ».

La formation du gouvernement de la «gauche radicale » a été rendu possible par une alliance avec le parti des «Grecs indépendants» (ANEL), un petit parti populiste, anti-immigration et nationaliste. Son chef, Panos Kammenos, un vieux mafieux de la «Nouvelle Démocratie», avait négocié (en tant que ministre de la marine) la concession de la moitié du port du Pirée au capitalisme «communiste» chinois, en 2008. Ce qui ne l’a pas empêché de faire sa campagne comme « parti indépendant » sur le thème «la Grèce n’est pas à vendre».

Cette «victoire» est présentée dans la presse comme la plus importante victoire électorale de la «gauche» depuis les années 1930. Bref une sorte de nouveau « Front populaire », dont on sait que l’issue fut la guerre. Mais à la veille de quelle «nouvelle guerre» ?

La guerre économique qui se poursuit entre les bourgeoisies nationales qui veulent échapper au diktat de la banque centrale européenne (contrôlée par l’Allemagne de Merkel) et annuler leurs dettes sera plus âpre que jamais. Une entente entre les bourgeoises de la Communauté européenne pour une politique économique commune et relancer «la machine» par un plan keynésien européen est un leurre.

Que ce soit en Grèce, et demain peut-être en Espagne avec le mouvement Podemos de Pablo Iglesias, les lendemains de gueule de bois électorale seront très vite douloureux. Les promesses d’augmenter les retraites et le SMIC, de donner du travail aux jeunes, de relancer l’économie en obtenant l’annulation de la dette et en une politique de la « planche à billets » cautionnée par la BCE vont vite apparaître aux travailleurs grecs, et à ceux qui espèrent une « sortie de crise » en Espagne, France, Italie, etc. comme des mensonges démagogiques éhontés.

Il n’est pas exclu que, au bout du compte, la Grèce de Tsipras et Kammenos sorte de la zone euro et même de l’Europe. Cela constituerait un basculement géopolitique majeur, et sans doute une sortie de l’OTAN. Il y a quelque temps, Kammenos avait laissé entrouverte cette éventualité : «Notre adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne ne nous empêche pas d’entretenir des relations politiques, économiques et culturelles étroites avec d’autres pays, en particulier avec ceux avec qui nous avons des liens historiques tels que la Russie et la Chine».

L’alliance entre Tsipras et Kammenos conduirait ainsi à un meilleur ancrage économique et géopolitique de la Chine au cœur de la Méditerranée, en s’appuyant sur la Russie de Poutine, dont tout l’intérêt est la déstabilisation de l’Europe, depuis le conflit ukrainien.

Ce qui est au cœur des événements grecs c’est la capacité présente des travailleurs en Europe de déjouer les politiques de démagogues professionnels, et sans tarder de manifester une hostilité résolue à toutes ces manœuvres de fractions de la bourgeoisie nationale.

Cela passe par la reprise des luttes ouvrières, en particulier des jeunes, contre cette unité nationale de la droite à la « gauche radicale ». Il y d’abord les promesses électorales de démagogues, et demain ce sera le plomb de la répression pour tous les exploités, de la Grèce à l’Espagne.

Tsipras n’est pas le «porte-parole» des exploités. Le seul rôle auquel peut prétendre demain « le jeune chef », si le prolétariat devait ébranler les assises de la classe dominante, c’est celui d’un apprenti Noske.

Karsten.

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