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théorie politique

Tendance communiste internationaliste (TCI) : Catalogne, octobre 2017 : manoeuvres nationalistes

Publié le 14 Octobre 2017 par Inter.rev foractivo Espagne

Mise au point de inter.rev foractivo, Espagne, 16 octobre 2017, à propos de la position de la TCI

1. En  Catalogne   il  n´y a pas  d’assemblées   auto-organisées par la classe  ouvrière.  Tout  reste   aux mains  des   tendances  nationalistes, de  l´ERC,  du Parti de Catalogne (Junts  pel sí)  ainsi que de la CUP,  avec aussi comme forces d'appoint sur les " fronts   sociaux"   l´ANC  et  Omnium  cuturel,  et   toutes leurs  affiliations locales.
La  grève  du  3  octobre n'a pas présenté de revendications spécifiques  de la classe  ouvrière.  Quant au nationalisme  et  au syndicalisme "democratique",   officiel et  de  base, ils ont simplement parlé d'une répression disproportionnée et injustifiée contre les "citoyens  de  Catalogne".
La  Tendance communiste internationaliste  s’illusionne en se basant sur des faits inexistants.
2. L´origine du conflit n'est pas la crise économique du capitalisme qui fournit, selon la TCI,   une assise pour le nationalisme  et  le populisme.  Prenons le cas du Pays basque, comme exemple très significatif : le  PNV  et  la  gauche patriotique n´ont  pas  proclamé la  DUI  (Déclaration  unilatérale  d´indépendance).  Il  existe des causes,  des  racines   particulières  à la Catalogne,  dans le procès de   rupture  des liens qui existaient entre  le  nationalisme  espagnol et  le nationalisme catalan, dans l'attaque  du   nationalisme  espagnol  contre le statut d'autonomie de la Catalogne et  les revendications  bourgeoises de la  Generalitat  (Gouvernement  autonome  catalan).
La  Tendance communiste internationaliste commet  les mêmes  erreurs  à ce niveau que le  PCInt  qui publie  "Le proletaire", Il comunista", etc.,  erreurs que nous avons déjà critiquées:
http://inter-rev.foroactivo.com/t7222-centralismos-nacionalismos-y-federalismos-en-el-estado-espanol-nuevos-estados-viejos-problemas#43613
  1.  Nationalismes rivaux contre la classe ouvrière

Le conflit qui oppose les deux factions, celle qui d’un côté soutient l'actuel État espagnol et l’autre qui appuie la création d’un État catalan séparé, continue de s'accélérer. Peu importe quel sera le résultat, il est clair que les travailleurs possédant une conscience de classe doivent se distancer autant de ceux qui défendent un État catalan séparé que de ceux qui souhaitent la préservation de l'État actuel – les deux n’étant que les façades derrière lesquels se cachent la classe patronale pour exercer son contrôle.

Manœuvre nationaliste

Le dernier acte dans cette accélération de projets nationalistes en compétition s’est amorcé début septembre, lorsque le Parlement catalan approuva une motion demandant la tenue d'un référendum sur l'indépendance le 1er octobre. Le gouvernement espagnol a déclaré la décision inconstitutionnelle, basée sur la Constitution espagnole de 1978 qui défend «l'unité indissoluble de la nation espagnole» - un article visant à contrôler fermement les contrecoups du séparatisme local apparus pendant la guerre civile des années 1930. Faisant fi de l’interdiction, le gouvernement catalan a décidé de maintenir sa proposition en espérant tirer parti de la promotion du séparatisme catalan qu’il entretient depuis des années.

Le 20 septembre, l'État espagnol a lancé l'opération Anubis qui visait à empêcher le référendum de se dérouler, notamment en lançant des raids contre les bureaux du gouvernement catalan, en arrêtant des fonctionnaires, et en confisquant des bulletins de vote. Le point culminant de cette violence déchaînée par les forces de l'État espagnol est survenu dans les jours où le référendum s’est tenu. Des protestations contre ces actes de violence ont eu lieu en Catalogne mais, à ce stade, nous ne savons toujours pas si d’autres manifestations majeures ont eu lieu ailleurs en Espagne. À la place, nous avons plutôt assisté à des manifestations massives du nationalisme espagnol à Madrid et ailleurs – ce qui illustre parfaitement à quel point le nationalisme empêche l'unité de la classe ouvrière.

Les événements du 1er octobre ont galvanisé les tendances nationalistes des deux côtés. Selon les autorités régionales catalanes, 91,96% ont voté oui à une république catalane indépendante, mais la participation globale n’était que de 42,58%. Le vote s’est tenu dans la tourmente, la Policia Nacional et la Guardia Civil ayant tenté de fermer les bureaux de vote. Les 893 civils blessés lors de cette seule journée démontrent à quel point la violence est inhérente à l'État démocratique - certains commentateurs, parmi lesquels ironiquement, Nicolás Maduro, ont comparé les actions du gouvernement de Mariano Rajoy à l'Espagne franquiste. Par la suite, la Commission européenne a déclaré que «conformément à la Constitution espagnole, le vote du 1er octobre en Catalogne n'était pas légal» et qu'il faut faire confiance à «la direction du Premier ministre Mariano Rajoy pour gérer ce processus difficile».[1]

En septembre, suite aux répressions par l’État espagnol, la CGT suivie de la CNT et d’autres syndicats plus petits, ont saisi cette opportunité pour annoncer une grève générale le 3 Octobre. Cependant, après les évènements du 1er Octobre, les plus grands syndicats espagnols, l'UGT et le CCOO (Commissions ouvrières), ainsi que l'Assemblée Nationale Catalane (ANC), ont plutôt appelé à une espèce de débrayage citoyen – leur déclaration se présentait ainsi : «Nous incitons toute la société, les employeurs, les propriétaires d'entreprise, les syndicats, les travailleurs, les contractuels, les institutions et tous les citoyens de Catalogne à immobiliser le ‘pays’ le mardi 3 octobre ». La grève a frappé les transports publics, deux grands ports et le secteur agricole.[2] Que ce soit dans le cadre du débrayage des citoyens ou de la grève générale, qu’ils aient été motivés par le nationalisme ou la colère contre la brutalité policière, les travailleurs ont réagi aux événements. Ce n’est cependant pas clair dans quelle mesure les rapports des assemblées locales reflètent certaines étincelles d'auto-organisation de la part du prolétariat ou si elles ne sont que des créations de l'establishment bourgeois local agissant comme une espèce « d’armée de scène » pour l’agenda séparatiste.

Depuis le début du mois d'octobre, les appareils d’État de Madrid et de Barcelone ont justifié leurs propres positions en affirmant que leurs positions constitutionnelles respectives l'emportent sur les autres. Ce serait une grave erreur si les travailleurs en Catalogne, ou dans le reste de l'Espagne, étaient entraînés derrière l'un ou l'autre des arguments concurrents. Derrière les discussions d’avocats sur le « sur le sexe des anges » se cachent la réalité des factions de la classe dirigeante qui ne veulent qu’étendre leur propre capacité à exploiter la classe ouvrière - indépendamment de la nationalité, du patrimoine, ou du lieu de naissance.

La Réponse internationaliste

Les événements en Catalogne doivent être compris dans le contexte de la crise économique du capitalisme qui a mené à un effondrement financier en 2007 sans qu’il n’y ait eu, depuis, une véritable reprise. Cela a mené les sections locales de la classe capitaliste à penser qu'elles pourraient gérer plus efficacement l'économie que l'État central. Conséquemment, un changement global vers le nationalisme et le populisme s’en est suivi. Dans une économie qui ne s'est pas encore rétablie dix ans après l'éclatement de la bulle spéculative, la classe dirigeante est à court d'idées et divisée sur la façon de s'en sortir. La tentative du gouvernement catalan de mettre le blâme sur le gouvernement central espagnol, afin de rallier les travailleurs derrière le programme séparatiste, est censée masquer le fait que la classe dirigeante catalane (qui est également divisée sur cette question) est aussi responsable que le gouvernement de Madrid face à l'application des mesures d'austérité.

Comme nous l'avons dit à maintes reprises, les luttes de libération nationale ne font que diviser la classe ouvrière et laisser les travailleurs à la merci de leur propre bourgeoisie nationale. Là où les diverses factions nationales répandent leurs fantasmes nationalistes, nous encourageons la classe ouvrière locale à s'opposer aux arguments des deux parties. Les exemples à ce sujet sont nombreux (y compris ceux récents de l'Ukraine[3], l'Écosse[4] ou du Kurdistan[5] [5]). En ce moment même, un autre chapitre est en train de s’écrire avec le référendum dans le Kurdistan irakien, lequel annonce d’autres morts et d’autres souffrances dans cette lutte pour les ressources de l’axe Turquie / Syrie / Irak.

En tant qu'internationalistes, nous affirmons que la seule alternative possible, face à la dévastation sociale et environnementale offerte par le capitalisme, se situe au-delà des frontières, dans l’unité de la classe ouvrière autour d’un but commun: un monde sans classes ni État où ‘le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous'. Pour ce faire, nous avons besoin d'une organisation internationale, un parti, qui puisse efficacement intervenir dans des événements comme la grève en Catalogne afin de pousser la lutte au-delà du contrôle des syndicats et des partis institutionnels, et pour déclarer l'indépendance de la classe ouvrière face à toutes les factions de la classe dirigeante, peu importe sa nationalité.

Si des mouvements vers des assemblées de quartier ou de lieu de travail surgissent, il faudra alors inciter pour que ces assemblées rompent totalement avec les factions de l'État espagnol ou catalan, et qu’elles ne laissent également aucune place à la participation des employeurs locaux. Les prises de décisions doivent provenir des réunions de masse avec les délégués tenus responsables et révocables en tout temps. La mise en place et l’expansion de ces organisations ouvrières représentent la seule alternative face au cul-de-sac barbare des nationalismes concurrents que prépare la bourgeoisie. En l'absence d'une véritable organisation internationaliste, nous offrons notre solidarité et notre assistance aux noyaux communistes et aux individus qui luttent pour cette nécessaire réponse prolétarienne.

(TCI) KT/Dyjbas

Vendredi 6 octobre 2017

 

[1]     . Déclaration sur les évènements en Catalogne europa.eu

[2]     . La Catalogne, théâtre d’une grève générale après la réponse brutale de la police espagnole au referendum sur l’indépendance. independent.co.uk

[3]     . Ukraine - A Nationalist Dead End leftcom.org

[4]     . The Scottish Independence Referendum: The Great Diversion leftcom.org

[5]     . In Rojava: People’s War is not Class War leftcom.org

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