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théorie politique

Disparition d'un camarade marxiste internationaliste. A propos d'un communiqué du groupe Robin Goodfellow

Publié le 16 Décembre 2017 par pantopolis

Alors que les médias bourgeois célèbrent la disparition des immondes fausses valeurs "culturelles" et des vraies valeurs marchandes du capital, sonnantes et trébuchantes - tels Johnny Halliday et Jean d'Ormesson -, jusqu'à leur faire des obsèques nationales, il est nécessaire de rappeler la mémoire de militants prolétariens que jamais la bourgeoisie n'honorera, sinon pour les calomnier ou les exterminer comme ce fut le cas de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg en janvier 1919.

Ce type de militants n'existe plus aujourd'hui. Il ne pourra exister que dans la formation au long cours d'un véritable mouvement de classe organisé à l'échelle mondiale et ne visant qu'une seule chose : non l'aménagement du capitalisme, en se cachant derrière la conception "léniniste" de luttes de libération nationale ou régionale (sic), mais sa complète destruction dans tous les pays et toutes les "régions" (Catalogne, Flandre, etc.), en instaurant une société sans patries ni frontières, ni capital et donc sans exploitation de l'homme par l'homme.

Aujourd'hui nous déplorons régulièrement la disparition de militants qui sont venus au mouvement, souvent dans la confusion de Mai 1968, et ont cherché à s'orienter vers une théorie révolutionnaire internationaliste au prix des plus grandes difficultés. Certains sont restés à des stades dépassés du mouvement révolutionnaire du passé, faute d'avoir assimilé les leçons de la vague révolutionnaire de 1917-1923. Fixés avec entêtement sur une mythique invariance du marxisme de 1848 à aujourd'hui, fossilisés et sectarisés par des conceptions nationales et syndicalistes dépassées, se voulant les scholiastes d'un marxisme mort arrêté comme une montre cassée en 1848 ou 1850, ils ont toutes les difficultés du monde à faire le saut décisif : de l'ère fossile "révolutionnaire" (commençant pour certains en 1791) à l'ère prolétarienne communiste, une ère qui commence non par de savantes prévisions de "savants" experts en théorie des crises, mais par une volonté propre du prolétariat, accédant à la conscience de soi révolutionnaire.

Et pour cela, il faut plus qu'une théorie des cycles de crises, plus qu'une attente messianique de la crise finale, mais une véritable praxis  révolutionnaire du prolétariat. Lénine disait : "sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire". La réciproque est encore plus vraie : "sans praxis réellement révolutionnaire du prolétariat, pas de théorie ni de théoriciens du prolétariat".

*

N'étant pas les apôtres d'un sectarisme qui a tant miné un milieu révolutionnaire encore plongé dans la confusion, et donc encore dans les langes, nous nous inclinons avec émotion devant les militants qui ont consacré leur vie à la cause du prolétariat. Même si nous n'en partageons pas des conceptions dépassées ou  trop schématiques, voire erronées (comme dans la question de l'indépendance de la Catalogne).

Le chemin de la cohérence révolutionnaire est un très long chemin à parcourir jusqu'aux premiers signes d'émergence révolutionnaire.

*

Extrait d'un communiqué du groupe Robin Goodfellow en mémoire du camarade Verdier

 

Le 16 décembre 2017 à 10:59, 'Goodfellow Robin' robin.goodfellow@robingoodfellow.info [reseaudiscussion] <reseaudiscussion@yahoogroupes.fr> a écrit :

 

Dominique Cotte 20 janvier 1956 – 14 décembre 2017)

 

Notre camarade Dominique Cotte alias Verdier est décédé, emporté par un cancer du poumon.

Tout jeune, au lycée Buffon, il adhère au marxisme et rejoint la «Gauche marxiste», un groupe qui publiait le journal «Lutte continue» et qui se situait dans la continuité des groupes comme «Socialisme ou barbarie», «Pouvoir ouvrier» ou du «Groupe marxiste pour les conseils de travailleurs».

La faillite de ce courant le conduit avec d’autres anciens de la « Gauche marxiste » comme Jean-Pierre Hébert[1] (1950-2011) lui aussi mort tragiquement il y a quelques années, a une étude plus profonde de la théorie marxiste.

La stagnation de ce regroupement le conduit avec une partie du groupe à rejoindre la tradition de la gauche communiste d’Italie et d’«Invariance».

Après un bref passage au «Groupe communiste mondial », il est parmi les fondateurs de la revue «Communisme ou Civilisation» puis du collectif «Robin Goodfellow».

Polyglotte, comme le voudrait l’internationalisme, il avait un tempérament énergique et plein d’entrain dès lors que la moindre occasion favorable semblait se présenter.

Travailleur infatigable, il alliait la finesse de l’analyse des situations politiques avec une grande capacité d’expression et un style plein d’allant. Il animait également sans relâche les blogs comme les réseaux sociaux sur lesquels était présent «Robin Goodfellow».

La bienveillance, l’empathie et l’humour caractérisaient ses relations avec les camarades.

Il avait mis sa grande culture et sa connaissance approfondie du marxisme, dont il était un défenseur intransigeant, au service du prolétariat révolutionnaire. Son décès constitue une perte considérable pour le mouvement communiste.

Nos pensées vont également à sa famille qu’il chérissait.

Ses obsèques auront lieu le jeudi 21 décembre à 12h45 au crématorium de Saint-Sauveur (60320), 735 rue de Roche.

 

 

 

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