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théorie politique

Les six principes du groupe marxiste de Krasnoïarsk (communiste-internationaliste)

Publié le 15 Octobre 2018 par pantopolis in prise de position politique

Introduction,

Il est rare de voir apparaître de petits cercles ou groupes en Russie tâchant de faire entendre une voix internationaliste dans un monde capitaliste ébranlé par la crise, mais qui est gagné de plus en plus par la peste national-patriotique.

Nous publions (et traduisons) bien volontiers les six principes du groupe de communistes-internationalistes de Krasnoyarsk, qui semblent proches de la TCI :

 
 
Voici la traduction en français
 
КОММУНИСТЫ – ИНТЕРНАЦИОНАЛИСТЫ  Communistes internationalistes  НАШИ ПРИНЦИПЫ Nos principes
 
  1.      Налицо нарастание мирового межимпериалистического противостояния с угрозой новой мировой войны. Единственно реальным противодействием ей может быть только революционное свержение капитализма руками организованного пролетариата. 

 

1. Nous assistons à l’accentuation de la confrontation interimpérialiste au niveau mondial, avec la menace d'une nouvelle guerre mondiale. Le seul véritable moyen de résister à la guerre, c’est de renverser le capitalisme par la révolution, en s’appuyant sur le prolétariat organisé.

 

  1.      Причиной нарастающего кризиса является капиталистическая система в целом, поэтому целью должно быть свержение капитализма в каждой стране и в мире в целом. Независимо от того, кто является инициатором военных конфликтов. 

 

  1.       La cause de la crise croissante, c’est le système capitaliste pris comme un tout. L'objectif est donc de renverser le capitalisme dans chaque pays et dans le monde entier. Peu importe qui est l'initiateur des confrontations guerrières.

    3. Недопустим никакой союз с национальной буржуазией во имя "защиты независимости", "демократии", "национальной идентичности" и т.д. 

     
  2.       Aucune alliance avec la bourgeoisie nationale sous prétexte de «préserver l'indépendance», «la démocratie», «l'identité nationale», etc., ne saurait être admise.

 

  1.       Историческое время буржуазных революций прошло. Нет буржуазных фракций, способных на какие-либо новые революционные преобразования. Даже если в какой-то момент возникает необходимость бороться за восстановление каких-то буржуазно-демократических свобод, это восстановление может быть только попутным эпизодом революции пролетариата. Любые "цветные" псевдореволюции, в которых пролетариат не играет самостоятельной роли, являются обманом трудящихся масс и направлены на передел влияния как отдельных государств, прежде всего империалистических, так и отдельных буржуазных группировок внутри отдельных стран.

 

  1.       L’époque des révolutions bourgeoises est révolue. Il n’existe pas de fractions bourgeoises porteuses de nouvelles transformations révolutionnaires. Même si, à un moment donné, il devient nécessaire de lutter pour la restauration de certaines libertés démocratiques bourgeoises, cette restauration ne peut être qu'un épisode éphémère de la révolution prolétarienne. Toutes les pseudo-révolutions de «couleurs», dans lesquelles le prolétariat ne joue pas un rôle indépendant, trompent les masses laborieuses et visent à redistribuer les cartes d’États particuliers, principalement impérialistes, et de groupes bourgeois séparés au sein de pays particuliers.

 


5. Любые "национально-освободительные" движения (Донбасс, Курдистан и т.д.) неизбежно оказываются под контролем тех или иных империалистических государств, превращаясь в их орудие в "войнах по доверенности". Участие коммунистов в них допускается только при условии их организационной и военной классовой самостоятельности с целью превращения этой борьбы в классовую. 

 

Tous les mouvements de «libération nationale» (Donbass, Kurdistan, etc.) passent inévitablement sous le contrôle de tels ou tels États impérialistes, se transformant en instruments guerriers dans des «guerres par procuration». La participation des communistes n'y est autorisée que sous la condition de préserver leur autonomie de classe aussi bien organisationnelle que militaire, dans le but de transformer ce combat en combat de classe.


6. Никакой "национальный социализм" невозможен. Изолированная диктатура пролетариата неизбежно будет раздавлена экономическими и военными усилиями империализма. Это, разумеется, не отрицает возможности, что застрельщиком мировой революции рабочего класса изначально могут оказаться его отдельные национальные отряды. Задача рабочего класса и его партий во всех странах будет безусловная и всеобщая поддержка этого почина и приложение всех усилий для его пропаганды и распространения на все страны.

 

  1.       Il n’y a aucune possibilité de «socialisme national». Isolée, une dictature du prolétariat sera inévitablement écrasée par les moyens conjugués, économiques et militaires, de l'impérialisme. Ceci, bien sûr, n’exclut pas la possibilité que les pionniers de la révolution mondiale de la classe ouvrière puissent en être initialement des détachements nationaux particuliers. La tâche de la classe ouvrière et de ses partis dans tous les pays sera de soutenir sans conditions et universellement cette initiative et de porter tous ses efforts à la propager et la diffuser dans tous les pays.

Notre commentaire :

  1. L'internationalisme des "principes" semble de bonne facture. Malheureusement, au point 5, on pourrait croire à une adhésion anticipée à un éventuel mouvement de partisans “prolétarien” dans un conflit interimpérialiste. C’est une chose que le PCInt-TCI connaît bien puisqu’il dut lutter pendant la seconde guerre contre toute forme de partisanisme, non sans quelques difficultés.
  2. Comme ces principes montrent une influence de la Tendance communiste internationaliste (TCI), issue du Parti communiste internationale fondé en 1943 par Bruno Maffi, Onorato Damen et Mario Acquaviva, nous publions l'article de Prometeo, n° 1, novembre 1943, qui est une critique intransigeante de toute forme de partisanisme.

Pantopolis

Le piège du partisanat

Prometeo, n° 1, 1er novembre 1943

(traduction mise en ligne sur Archives Autonomies, 2015)

À l’arsenal de mots d’ordre lancés par le capitalisme au prolétariat dans les moments de crise pour le pousser à abandonner son terrain de la lutte des classes et à collaborer fraternellement avec lui, la guerre actuelle en a ajouté un autre : celui des bandes armées pour la libération nationale.

Après avoir tenté de diriger la marée montante des masses dans le confortable lit de la démocratie bourgeoise, on les invite à la concorde nationale au nom de la lutte contre l’envahisseur, on cherche à offrir au peuple qui, en trois ans de conflits a prouvé qu’il ne voulait pas faire la guerre, un motif plausible pour tout oublier dans l’ivresse de la voie royale pour la conquête du pouvoir, pour fraterniser avec l’ennemi de classe, pour préparer la voie avec son sang à un nouveau régime démocratique et à la victoire d’un impérialisme sur l’autre. Et, impuissante à convaincre seul l’ouvrier de combattre pour une cause qui n’est pas la sienne, la bourgeoisie mobilise son serviteur fidèle, l’opportunisme, pour que, époussetant les vieux outils de la rhétorique nationaliste, il batte le rappel du prolétariat sous les drapeaux usés de la "patrie", du "nouveau Risorgimento", des "frontières sacrées" et de la défense du "patrimoine industriel italien", ou, en d’autres mots, pour qu’il pousse le prolétariat dans l’engrenage de la guerre impérialiste.

Face à cette politique, notre position est claire. La lutte des partisans à coloration nationale anti-allemand est une arme dont la bourgeoisie se sert pour aveugler l’ouvrier, pour le détacher de son terrain spécifique de lutte, pour féconder avec son sang une seconde naissance du régime capitaliste agonisant. Entre les deux impérialismes qui se combattent dans notre pays, dont l’un nous promet une illusoire liberté et l’autre nous invite à venger notre honneur bafoué, nous ne voulons pas choisir. Nous ne voulons pas combattre contre l’impérialisme allemand pour que l’impérialisme anglo-saxon vainque, nous voulons combattre pour que les racines de tout impérialisme soient détruites une fois pour toute. Nous ne voulons pas combattre contre la guerre nazie pour légitimer la guerre démocratique sous quelque allure qu’elle se présente. Nous ne voulons pas que le prolétariat fasse couler son sang pour l’amour d’une "patrie" bourgeoise ; nous voulons qu’il ne combatte que pour ses intérêts : la conquête du pouvoir. Au mot d’ordre "nation contre nation", nous substituons le mot d’ordre "classe contre classe" ; au mouvement des bandes de partisans anti-allemandes, nous substituons l’armement du prolétariat dans le but d’atteindre ses buts historiques.

Il est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, que les prolétaires voient clair. Le dilemme n’est pas entre combattre dans une armée démocratique ou fasciste, ou s’insérer dans une bande de partisans ; car il s’agit toujours d’une seule et même guerre et lutte des classes. Nous refusons ces deux embrigadements et nous déclarons que la libération du prolétariat ne sera pas réalisée par ceux qui l’ont invité à combattre sous le drapeau de la démocratie, elle ne peut l’être que par le seul organisme qui a lancé au prolétariat du monde entier le vrai mot d’ordre révolutionnaire : Prolétaires, désertez la guerre quel que soit l’uniforme sous laquelle elle se présente !

 

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