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théorie politique

Un nouveau tome des Écrits du chef communiste italien Amadeo Bordiga (1922-1924)

Publié le 14 Juillet 2019 par pantopollis

 

Ce volume des écrits d’Amadeo Bordiga couvre la période 1922-1924. Au cours de cette période, concernant le Komintern, nous notons les événements importants suivants: IVe congrès (5 novembre-5 décembre 1922), IIIe exécutif élargi (12-25 juin 1923), Ve congrès (17 juin-5 juillet 1924). Du point de vue de l’histoire italienne, le 30 octobre 1922, le roi Vittorio Emanuele III de Savoie confie au « Chef » fasciste Benito Mussolini la tâche de former un nouveau gouvernement. Celui-ci est composé de fascistes, libéraux, popolari, militaires, sociaux-démocrates, il obtient la confiance de la Chambre des députés le 19 novembre et du Sénat du royaume le 29 du mois. L’un des chevaux de bataille de Mussolini est le rétablissement du binôme "Sécurité et Ordre public". Sur cette base, un État policier est créé au cours de cette première phase: l’un des premiers actes du nouveau gouvernement a été la fondation d’une nouvelle force de police: la Milice volontaire pour la sécurité nationale, qui remplace  la Garde royale pour la sécurité publique, dissoute le 31 décembre 1922. La différence était que la première dépendait du ministère de l’Intérieur, la dernière directement du  Parti national fasciste. Les conséquences de cette "Sécurité" se sont immédiatement fait sentir : chasse impitoyable aux communistes, assassinats, violences, 2.236 arrestations. Dans les filets de la "sécurité" tombe également Bordiga, avec pour conséquence la découverte et le démantèlement de tout l’appareil clandestin du PCd’I. Bordiga, arrêté le 3 février 1923, est traduit devant la cour d’assises de Rome pour des crimes très graves. Sa défense prononcée à l’audience du 18 octobre 1923, imprimée à plusieurs reprises, est reproduite aux pages 163-260 de ce volume.

 

Les aléas de la situation italienne ont fortement influencé les décisions du IVe congrès du Komintern, ainsi que celles du IIIe  Exécutif élargi et du Ve congrès.

 

Les résolutions ont été prises en partant du principe que le fascisme était le plus grand ennemi du moment et que pour le combattre, il n’y avait pas d’autre solution en Italie que la fusion entre le PCd’l et le Psi, une fois que le Parti socialiste italien eut expulsé les réformistes au XIXe Congrès tenu à Milan du 1er au 4 octobre 1922). Face aux réticences de Bordiga, ferme dans sa vision que le véritable ennemi était le capitalisme, pas le fascisme, le IIIe exécutif élargi, l’expulse du vieil Exécutif formé par Bordiga lui-même, Bruno Fortichiari, Ruggero Grieco, Luigi Repossi, Umberto Terracini, en le remplaçant par un nouvel Exécutif  composé de Mauro Scoccimarro, Angelo Tasca, Palmiro Togliatti, Giuseppe Vota, en maintenant en place Bruno Fortichiari qui présente vite sa démission.

 

Bordiga relégué à Naples, où il pouvait toujours compter sur la section et la fédération, n’avait pas l’autorisation de créer un magazine hebdomadaire en Campanie : il est obligé de collaborer avec le magazine mensuel "Prometeo", se présentant en sous-titre comme un "magazine de culture sociale", fondé par des sympathisants non militants, qui eut sept numéros au cours de l’année 1924, alors que le 12 février de la même année paraît à Milan le journal "l’Unità" qui, dirigé par Antonio Gramsci, respectait les ordres de fusion du Komintern. Tous ces événements sont vus du point de vue d’Amadeo Bordiga.

 

Luigi Gerosa a assuré ce très important travail éditorial en précisant par d’abondantes notes infrapaginales le cadre historique, qui voit le triomphe de l’opportunisme kominternien à travers ses chefs italiens, Antonio Gramsci et Palmiro Togliatti.

Pantopolis (d'après la jaquette du tome VIII des Scritti de Bordiga).

 Fondazione Amadeo Bordiga, Amadeo Bordiga,  Scritti 1911-1926, vol. VIII, La crisi della Internazionale Comunista e la nuova direzione del partito in Italia 1922-1924, sous la direction de Luigi Gerosa, Napoli, mai 2019 (www.fondazionebordiga.org)

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