Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
pantopolis.over-blog.com

théorie politique

L'abominable vénalité de la presse (Victor Serge), années 20-30

Publié le 20 Avril 2020 par Pantopolis/Pannekoek

Presse : ne pas avaler. Affiche des Beaux-Arts, 1968.

Presse : ne pas avaler. Affiche des Beaux-Arts, 1968.

Nous donnons un extrait d'un texte essentiel de Pannekoek : Action de masse et révolution, 1912, sur la toute puissance de la force idéologique bourgeoisie (Eglises, Ecoles, Presse).

Quelques caricatures viennent illustrer la toute puissance d'une presse bourgeoisie (tous ses médias aujourdhui), mise au service de la classe domimante.

L'Abominable vénalité de la presse de Victor Serge (Librairie du Travail), qui la révéla à travers des documents saisis par le gouvernement des soviets après la chute du tsarisme. Comment la presse française était achetée par le pouvoir autocratique.

Quelques caricatures évocatrices après 1968 : la main du pouvoir du capital et la presse pourrie jouant la vertu effarouchée (vieux numéro de Charlie Hebdo).

 

ANTON PANNEKOEK, 1912, Action de masse et révolution, 1912

Les pouvoirs de la bourgeoisie

Le premier d'entre eux, c'est la supériorité de la minorité dominante sur le plan intellectuel. En tant que classe qui vit de la plus-value et dirige la production, elle dispose du monopole de la formation intellectuelle, de la connaissance scientifique ; sa vision globale qui embrasse l'ensemble de la société lui permet, même quand elle est menacée très sérieusement par les masses en rébellion, à découvrir de nouvelles ressources et de duper les masses pleines de naïveté, tantôt grâce à sa confiance en elle-même et sa capacité d'endurer, tantôt en portant des coups fourrés. Qu'il suffise de citer, à titre d'exemple, les soulèvements d'esclaves dans l'Antiquité et toutes les révoltes paysannes au Moyen Age. Le pouvoir spirituel est le pouvoir le plus important dans le monde humain. Dans la société bourgeoise où une certaine formation intellectuelle devient le patrimoine commun de toutes les classes, ce n'est plus tant la classe dominante qui s'assure le monopole de l'activité intellectuelle que la bourgeoisie qui impose sa domination intellectuelle à la masse populaire. Grâce à l'Ecole, l'Eglise, la presse bourgeoise, elle empoisonne sans répit les grandes masses du prolétariat avec des idées bourgeoises. Cette dépendance intellectuelle vis-à-vis de la bourgeoisie constitue la principale cause de la faiblesse du prolétariat.

Le second facteur, le plus important, sur lequel se fonde la force de la classe dominante, c'est, par ailleurs, la rigidité, la solidité de son organisation. Un petit nombre de personnes bien organisé est toujours plus fort qu'une masse importante mais dépourvue d'organisation. Cette organisation de la classe dominante est le pouvoir d'Etat. Elle se présente comme l'ensemble des employés de l'Etat qui, disséminés partout dans les masses populaires y représentent les autorités, tout en étant dirigés d'une façon particulière par le siège central du gouvernement. L'unité de volonté qui part du sommet constitue la force intrinsèque et l'essence de cette organisation. Ainsi, elle dispose d'une supériorité morale colossale qui se traduit par l'assurance avec laquelle elle agit face aux masses dépourvues de cohésion, dépourvues de toute volonté commune. Elle est en quelque sorte une gigantesque pieuvre dont les tentacules très fines, mises en mouvement par le cerveau situé au centre, pénètrent dans tous les coins et recoins du pays, elle constitue un organisme cohérent face auquel les autres hommes, quel que puisse être leur nombre, ne sont que des atomes impuissants. Chaque individu séparé qui ne fait pas montre d'obéissance est, pour ainsi dire, automatiquement saisi et écrasé par cet ingénieux mécanisme ; les masses le savent, et c'est pour cela qu'elles ne bronchent pas.

Source : https://www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1912/00/pannek_19120001.htm

La presse pourrie, par René Modiano, 1936, éditions de la SFIO. René Modiano devint par la suite, avec Daniel Guérin, membre du PSOP.

La presse pourrie, par René Modiano, 1936, éditions de la SFIO. René Modiano devint par la suite, avec Daniel Guérin, membre du PSOP.

L'abominable vénalité de la presse (Victor Serge), années 20-30
L'abominable vénalité de la presse (Victor Serge), années 20-30
L'abominable vénalité de la presse (Victor Serge), années 20-30
Commenter cet article