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théorie politique

Le capitalisme peut et doit être partout abattu (premier mai, "Il partito comunista")

Publié le 30 Avril 2020 par Pantopolis

Premier mai du passé, coup de chapeau à des traditions réformistes mortes?

Ou naissance d'une vraie tradition révolutionnaire à la faveur de la Grande Crise de 2020?

Nous publions ce tract-manifeste du groupe centré à Florence, Il partito comunista.

Nous souscrivons à la phrase finale, très générale : "parvenir à la société communiste, sans classes ni État, ni exploitation de l’homme par l’homme, et dont les bases économiques sont déjà présentes dans tous les pays du monde.".

Les affirmations : "il faut que la classe des travailleurs, bien encadrée dans ses véritables organisations syndicales, et dirigée par son Parti, gardien de son programme internationaliste séculaire, réussisse au travers de sa révolution à briser le carcan de préjugés et d’oppression qui emprisonne encore l’humanité" sont plus que contestables.

Pour que la classe travailleuse passe à l'offensive contre le capital, elle doit non être encadrée, mais faire sauter tous les cadres étatiques, dont font partie les syndicats officiels, dont le travail est de saboter ou détruire toute initiative spontanée des exploités. Quant à ce mystérieux "parti", fantomatique, ce manifeste ne nous dit rien de son identité réelle. S'agit-il de "il partito comunista" qui se proclame VRAI parti communiste international, sans avoir les "troupes" qui pourraient lui donner une ombre d'apparence de parti? Ou s'agit-il du parti "formel", qui pour - "il Partito comunista" - ne peut être que celui de 1848, à une époque où la constitution du prolétariat en classe passait encore par la formation de syndicats et non par les conseils ouvriers, dont la tâche n'est pas de réformer - par des mots d'ordre transitoires- l'Etat bourgeois mais bien de le détruire. de fond en comble.

"Il partito comunista" agit comme si rien ne s'était passé de nouveau depuis 1848 : révolution russe et en Allemagne, mouvements antisyndicaux en 1968 en France et 1969-1977 en Italie. Les comités de base ouvriers nés dans et pour la lutte semblent pour ce groupe n'avoir jamais existé. La seule réponse à ce rêve insensé d'un retour à 1848 et à la "glorieuse tradition des premier mai de classe", les travailleurs devront la donner eux-mêmes par l'ampleur de leurs luttes et leur niveau de conscience. Celui-ci se traduira par un violent  "désencadrement" des organisations syndicales et la formation de ses organes autonomes de classe. Sans cette autonomie, pas d'organisations révolutionnaires, pas de révolution, pas de communisme! 

Pantopolis.

PREMIER MAI 2020

 

LE CAPITALISME MONDIAL, MORT-VIVANT,

EXPLOITE ET ABANDONNE À LA CONTAMINATION

LA CLASSE TRAVAILLEUSE

 

LE CAPITALISME PEUT ET DOIT ÊTRE PARTOUT ABATTU*

 

Camarades, travailleurs,

Le principal responsable des vicissitudes provoquées par cette épidémie est le capitalisme. Désormais dans tous les continents, l’entassement chaotique de ruraux, à la recherche d’un salaire pour vivre, dans les épouvantables et malsaines agglomérations urbaines du capital et les déplacements convulsifs des hommes, rendent presque impossible toute prophylaxie.

Depuis des années la science médicale a prévu la diffusion mondiale de nouveaux virus agressifs et ses funestes effets ; et ceci dans une société qui ne peut éviter ni contenir l’épidémie. Le capital, effrayé par la crise économique, poussé désormais uniquement par la recherche d’un profit immédiat, n’a pas intérêt à prévoir et à prévenir. Il n’a pas organisé de réserves de matériel médical, ni un personnel soignant adéquat et suffisant, et a sacrifié les secteurs de la recherche fondamentale portés non sur la santé du capital mais sur celle des travailleurs. Il a ainsi ces dernières décennies drastiquement réduits tous ces secteurs, en contraignant les soignants à un intolérable surtravail, en fermant des hôpitaux et transformant les établissements de santé en « entreprises » à rentabiliser. Son impératif est d’épargner le plus possible les soins destinés à la classe des travailleurs.

L’épidémie annoncée est finalement arrivée, bouleversant une humanité absolument impréparée à y faire face et brisant les dernières illusions sur la capacité du capitalisme à protéger la santé et la vie sur la planète.

Face à ce fléau universel, auquel on ne devrait répondre que par un plan coordonné de solidarité scientifique, matérielle et humaine au niveau mondial, chaque État fait cavalier seul. La crise économique, dont le capital ne s’est jamais relevé depuis 2008, aggrave la concurrence entre les bourgeoisies nationales et leurs égoïsmes odieux et inhumains. La guerre commerciale, aggravée par la surproduction générale de marchandises, chacun craignant que les concurrents des autres pays ne les privent d’un morceau du marché, s’exaspère. Dans cette guerre entre les bourgeoisies nationales, les travailleurs n’ont rien à gagner et tout à perdre !

De l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe, les gouvernements, mercenaires du capital, ont repoussé jusqu’au dernier momentconfrontés à l’évidence d’une morbidité et mortalité dépassant les capacités sanitaires et funéraires - la fermeture d’une bonne partie des entreprises, principalement commerciales et récréatives, latence qui a gravement étendu les contaminations. Et les patrons de secteurs industriels « non nécessaires» à la survie immédiate des populations ont trouvé les moyens de continuer la production durant le confinement enfin décidé avec l’appui des dirigeants nationaux. Une bonne partie des travailleurs a été contrainte de         se rendre au travail en utilisant des transports publics désormais à risque de contagion, sans protection pour eux-mêmes ni pour les travailleurs des transports, et encore moins sur leurs lieux de travail. Les prolétaires, comme en temps de guerre, ne sont pas maîtres de leur vie et doivent se sacrifier pour le dieu bourgeois, le Profit.

Tandis que des moyens de transport, des usines et des entreprises restent fonctionnels, les protestations et les rassemblements sont désormais interdits au nom de la « distanciation » sociale sanitaire! Et les syndicats réformistes, au nom de la « solidarité nationale », avalisent le dogme bourgeois de l’impossibilité de réduire la production, réclamant tout au mieux un peu plus de savon et de masque pour les travailleurs !

En pleine crise de surproduction de marchandises, les capitalistes demeurent projetés dans la spirale infernale de la croissance du taux de profit et donc la nécessité de toujours produire et de plus en plus. Chaque entreprise, sans s’accorder avec celles du secteur, pousse au maximum les cadences dans l’espoir de trouver un acquéreur sur le marché de plus en plus restreint, déséquilibré et anarchique.

Le capitalisme ne produit pas ce dont les hommes ont besoin, mais ce dont il attend un profit. La majorité des marchandises produites n’a donc aucune utilité sociale et provoque de plus en plus de souffrances pour le travailleur qui les fabrique, qui est « poussé » à les utiliser, sans parler de l’environnement inutilement surchargé, pollué et détruit.

Cette machinerie absurde, malsaine et irrationnelle, désormais connectée à tous les coins de la planète, bloque par des crises économiques de plus en plus profondes l’appareil de la reproduction du capital et des marchandises dont la majorité est non seulement inutile, mais dommageable à toute forme de vie.

En effet, bien avant l’irruption de l’épidémie, depuis 2008, la crise économique, inéluctable dans le mode de production capitaliste, investissait déjà toutes les sphères du vivant et du social.

Le virus n’a donc pas provoqué la crise. Le confinement sanitaire, qui dans le monde entier bloque au même moment la consommation de tous les biens non véritablement nécessaires à la vie, amplifie la surproduction préexistante de marchandises et provoque le quasi arrêt des cycles infernaux de l’accumulation du capital.

La panique a gagné les bourgeois qui se sont précipités pour vendre leurs actions à la bourse, tandis que les entrepreneurs sont horrifiés par le déclin de leurs profits. Les capitalistes de tous les pays en appellent désespérément à leurs États pour obtenir des commandes, des crédits et des protections commerciales, et non à la défense des luttes des travailleurs pour leur survie. Mais les États ne sont que des associations de capitalistes, et en fin de compte ne se nourrissent que de la production capitaliste. Ils ne sont pas au-delà des lois économiques du capitalisme : ils peuvent seulement transférer de la richesse d’une partie des classes dominantes à l’autre ou l’extorquer encore plus des travailleurs.

 

 

* Il s’agit du groupe «Parti communiste international», « bordiguiste », issu de l’organisation-mère « Il programma comunista ». Ce groupe publie en plusieurs langues et a son centre à Florence. L’organe italien est : Il partito comunista qui paraît depuis 1975, prêche un travail dans les syndicats et la formation d’un « front de classe » (Note de l’éditeur).

Camarades, travailleurs,

La faillite de ce système politique, économique, social est tellement évident que de nombreux bourgeois, dans les domaines scientifique, politique, religieux réclament des réformes : un rapport différent avec la nature, un mode différent de produire et un choix différent de ce qu’il faut produire : « des hôpitaux à la place des armes », disent-ils. Des vœux pieux. Dès que finira l’urgence, et peut-être même avant, tout reviendra comme avant. Ce système est si absurde qu’il est irréformable.

Les classes dominantes ne céderont pas pacifiquement leur pouvoir, ni ne renonceront à leurs mesquins privilèges, aux immenses profits et à l’armement répressif de leurs États que la crise sanitaire leur permet par ailleurs de renforcer.

L’actuel bouleversement des rythmes de la vie doit enseigner non seulement la faillite du capitalisme mais aussi que dans ce système économique et social capitaliste, ce sont les bourgeois qui ont besoin de la classe des travailleurs et non vice versa.

A la solidarité internationale anti prolétarienne des patrons, qui attentent à la vie même des travailleurs, il faut opposer la solidarité internationale de la classe des travailleurs en lutte pour son émancipation et pour le salut de toute l’humanité.

La classe des travailleurs devra se mobiliser dans les pays pour se défendre des effets désastreux de cette crise, pour imposer par la lutte ses revendications de toujours :

-salaire intégral pour les travailleurs au chômage,

-réduction généralisée de l’horaire de travail pour le même salaire,

-régularisation de tous les travailleurs immigrés,

-assistance sanitaire gratuite pour tous les travailleurs.

Il faut que la classe des travailleurs, bien encadrée dans ses véritables organisations syndicales, et dirigée par son Parti, gardien de son programme internationaliste séculaire, réussisse au travers de sa révolution à briser le carcan de préjugés et d’oppression qui emprisonne encore l’humanité pour parvenir à la société communiste, sans classes ni État, ni exploitation de l’homme par l’homme, et dont les bases économiques sont déjà présentes dans tous les pays du monde.

Parti Communiste International (international-communist-party.org)
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