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théorie politique

Materia et la crise : "communisme ou civilisation"

Publié le 7 Mai 2020 par Materia/inter-rev.foroactivo

Inter_rev.foroactivo (Espagne) : Communisme ou civilisation*

Cette crise est une crise particulière du capitalisme, dont l’origine se tro uve dans les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19. Mais ce n’est pas encore une crise cyclique générale du capitalisme. Nous sommes encore dans les prodromes (le malaise qui précède la maladie) de la crise. Cela dépendra de l’approfondissement  de  la   récession en cours et du succès ou de l’échec des réponses économiques mises en œuvre par les plus importantes forces capitalistes (Fed, BCE, Banque centrale de Chine, etc.)

Ce n’est pas une crise terminale, ni l’agonie d’un capitalisme, se décomposant, ou prêt à endurer un krach définitif et global, ou de «s’effondrer». Et si cela se produit, la crise cyclique générale du capitalisme n’est pas celle qui le fera se décomposer, mourir, s’effondrer définitivement et totalement.

- Le capitalisme est proche du zénith de sa période de maturité.

- Le capitalisme ne peut échapper à ses contradictions.

-Pour disparaître, le capitalisme a besoin que sa décadence s’approfondisse, ce qui se produira dans un avenir qui ne peut être précisément spécifié à l’heure actuelle, car il s’agit d’un processus historique, non d’un simple moment. Tout dépendra essentiellement de la lutte de la classe prolétarienne pour le communisme international. Dans de telles circonstances, il existe deux options : soit une victoire révolutionnaire du communisme, soit celle envisagée par le Manifeste du Parti communiste (1848) : « la disparition commune des classes en lutte » :

L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de luttes de classes.
Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, bref oppresseurs et opprimés, en constante opposition les uns aux autres, ont mené une lutte ininterrompue, tantôt dissimulée, tantôt ouverte, une lutte qui, chaque fois, finissait par une reconfiguration révolutionnaire de la société tout entière ou par la disparition commune des classes en lutte.

Nous avons déjà affirmé :

«La Première Guerre mondiale, comme la Seconde ainsi que les nombreuses guerres plus limitées qui ont eu lieu et continuent de se dérouler, n’ont pas détruit la civilisation, en l’occurrence sa dernière expression historique, le capitalisme. Il est évident que cette « civilisation » perdure, et donc l’ensemble des conditions et des effets qui la portent, liées à sa reproduction. L’alternative révolutionnaire est précisément «communisme ou civilisation».

Cette civilisation, nécessairement capitaliste, a de multiples conséquences, terroristes, catastrophiques et dégradantes, qui n’ont pas annulé la capacité du capitalisme à accumuler à l’échelle internationale, à se reproduire en élargissant sa capacité d’investissements, faire des affaires et de diriger.

La dévalorisation et la destruction font partie d’un même et seul processus d’expansion de la civilisation mercantile capitaliste, dépendent de ses liens, de ses structures et idéologies, un processus dont font partie. les crises (qui ne sont pas permanentes) et les processus de développement capitaliste ultérieurs

Ce n’est que si, dans une future phase de décadence du capitalisme, les effets catastrophiques se généralisaient à tous les niveaux - et si le prolétariat n’était pas en mesure de mener à bien sa révolution mondiale et si le capital maintenait ses relations économiques de domination – que s’ouvrirait alors une période de «ruine des deux classes» (Le Manifeste communiste).
L’autodestruction de l’humanité est une conséquence possible, mais pas unique ou inévitable.

Envisageons plusieurs hypothèses.

De toute évidence, si l’humanité s’autodétruisait, on pourrait parler de la fin de la civilisation.
Si ce qui était engendré prenait la forme d’une involution sociale et économique réactionnaire, en maintenant en vie une partie de la population, nous assisterions historiquement au développement d’une forme de civilisation précapitaliste, une variante par rapport au capitalisme. Ni la bourgeoisie ne pourrait se maintenir en tant que classe ni le prolétariat d’ailleurs (les deux classes sont liées mutuellement sous le capitalisme), manifestant ainsi la soi-disant ruine des deux classes mentionnée dans le «Manifeste du Parti communiste» de 1848. Ruine dans ce cas ne signifierait pas disparition de l’humanité.

Et si l’humanité se réduit comme peau de chagrin et se concentre pour diverses raisons dans certaines parties de la planète en état de crise écologique profonde, l’effondrement et la disparition du capitalisme ne devraient pas en découler.

Derrière l’horreur de la barbarie, on a des idéologies confuses sur la nature du capitalisme, qui «est venu au monde suant la terreur, le sang et la boue», selon Marx.

Et dans l’alternative socialisme ou barbarie exprimée par la social-démocratie transparaissent les erreurs et les insuffisances des marxistes. La guerre est nécessairement brutale, mais ce n’est pas la même chose qu’une période sociale de barbarie.

Marx a noté:

Il est un fait écrasant qui caractérise notre XIXe siècle, un fait qu´aucun parti n´ose contester. D´un côté, des forces industrielles et scientifiques se sont éveillées à la vie, qu´aucune époque antérieure de l´histoire humaine ne pouvait même soupçonner. De l´autre côté, apparaissent des signes de déclin qui éclipsent les horreurs relevées lors de la dernière période de l´Empire romain. De nos jours, chaque chose paraît grosse de son contraire. Nous voyons que les machines douées du merveilleux pouvoir de réduire le travail humain et de le rendre fécond le font dépérir et s´exténuer. Les sources de richesse nouvellement découvertes se changent, par un étrange sortilège, en sources de détresse. Il semble que les triomphes de la technique s´achètent au prix de la déchéance morale. À mesure que l´humanité maîtrise la nature, l´homme semble devenir l´esclave de ses pareils ou de sa propre infamie. Même la pure lumière de la science semble ne pouvoir luire autrement que sur le fond obscur de l´ignorance. Toutes nos découvertes et tous nos progrès semblent avoir pour résultat de doter de vie intellectuelle les forces matérielles et de dégrader la vie humaine à une force matérielle. Cet antagonisme entre l´industrie et la science modernes d´autre part, et la misère et la décomposition morale d´autre part, cet antagonisme entre les forces productives et les rapports sociaux de notre époque est un fait tangible, écrasant et impossible à nier.

(Discours prononcé à la fête d’anniversaire du People’s Paper, en 1856)
Marx n’a jamais prétendu que la barbarie était le produit de la corrosion du capitalisme. Ces brutalités sont celles du capitalisme, qui engendrent une civilisation plus mercantile basée sur la loi de la valeur.

La presse bourgeoise et celle du prolétariat affirmaient qu’avec la Première Guerre mondiale, la voie était ouverte à une destruction générale, modifiant le cours du progrès, l’annulant et finissant par le détruire. Ils parlaient donc, de diverses manières, de décadence et de barbarie. Dans les rangs marxistes, il y avait cette croyance erronée  que la fin était venue, celle  du développement des forces productives mais aussi la fin des capacités du capitalisme. Au bout d’un siècle, il est déjà évident que ce n’a pas été le cas ; les erreurs ne sont pas surmontées elles se reproduisent sous différentes manières.

Dans les médias de gauche, de telles erreurs revêtent divers habits idéologiques, dont l’un – par rapport à la barbarie – est «le marxisme qui fait faillite».

En particulier dans l’environnement éco-socialiste, il y a utilisation fréquente des approches confuses de Rosa Luxemburg avec le dilemme « socialisme ou barbarie ». Cf. Crítica comunista al “marxismo colapsista” (Aníbal et materia, décembre 2019).

https://inter-rev.foroactivo.com/t8949-critica-comunista-al-marxismo-colapsista-i?highlight=critica+al+marxismo+colapsista

Dans le livre III du Capital, Marx affirme:

« La production capitaliste tend sans cesse à dépasser ces limites qui lui sont immanentes, mais elle n’y parvient qu’en employant des moyens qui, de nouveau et à une échelle encore plus importante, dressent devant elle  de nouvelles barrières. La véritable barrière de la production capitaliste, c’est le capital lui-même».

Nous avons publié des livres et des articles permettant de nous expliquer et remettant en question de façon critique d’autres interprétations.

Avec nos meilleures salutations,

Anibal/Materia, 6 mai 2020.


Approfondir et expliquer :

- Libros sobre estas cuestiones en ediciones inter-rev.Des livres sur ces questions aux  https://edicionesinterrev.wordpress.com/“Dónde nos encontramos en la historia del capitalismo. Hacia la decadencia del capitalismo, pero aún no en ella”
https://edicionesinterrev.wordpress.com/2018/09/11/231/
“Crítica de las teorías de la decadencia del capitalismo. Proceso de maduración del capitalismo, necesidades y posiciones revolucionarias.”
https://edicionesinterrev.wordpress.com/2017/01/10/critica-de-las-teorias-de-la-decadencia-del-capitalismo-proceso-de-maduracion-del-capitalismo-necesidades-y-posiciones-revolucionarias/
“Brechas abiertas. Ilusiones y errores en la teoría comunista que se oponen y corrompen a la propia teoría comunista”
https://edicionesinterrev.wordpress.com/2015/06/10/libro-brechas-abiertas-ilusiones-y-errores-en-la-teoria-comunista-que-se-oponen-y-corrompen-a-la-propia-teoria-comunista/
“La ideología de la comunización como tergiversación del comunismo e inadecuada respuesta a las dificultades”.
https://edicionesinterrev.wordpress.com/2017/12/19/la-ideologia-de-la-comunizacion-como-tergiversacion-del-comunismo-e-inadecuada-respuesta-a-las-dificultades/
- Artículos sobre estas cuestiones en el foro inter-rev. Des articles au https://inter-rev.foroactivo.com/ sus ces questions:
https://inter-rev.foroactivo.com/t9137-notas-sobre-crisis
https://inter-rev.foroactivo.com/t8634-dinamica-del-capitalismo-productividad-tesis-del-estancamiento-secular-y-la-larga-depresion-enfoques-datos-y-critica
https://inter-rev.foroactivo.com/t9175-desde-la-crisis-capitalista-de-2007-2009-a-la-situacion-en-2020-explicaciones-comprobaciones-y-criticas-1
https://inter-rev.foroactivo.com/t9176-predicciones-fallidas-ideologia-decadentista-ondas-kondratievondas-largas-de-mandel-larga-depresion-estancamiento-secular-colapsismo-ejemplos-de-equivocaciones-verificadas-con-posterioridad-1
https://inter-rev.foroactivo.com/t8893-manifiesto-de-la-corporacion-cientifica-internacional-decrecentismo-por-arriba-y-por-abajo-e-incumplimientos-capitalistas-en-relacion-al-acuerdo-de-paris-2015-sobre-el-clima-reaccione-y-tendencia
https://inter-rev.foroactivo.com/t9052-condiciones-para-una-tercera-guerra-mundial-origenes-de-muchas-confusiones
https://inter-rev.foroactivo.com/t8942-ecosocialismo-y-capitalismo-estatal-anarquismo-capitalismo-verde-ecosocialismo-marxo-colapsismo-y-decrecentismo
https://inter-rev.foroactivo.com/t8853-michael-roberts-sobre-la-funcion-de-las-empresas-estatales-el-mercado-y-la-ley-del-valor-critica-comunista-necesaria
https://inter-rev.foroactivo.com/t7350-capitalismo-imperialismo-decadencia-capitalista-inmediatismos
https://inter-rev.foroactivo.com/t8887-descarbonizacion-energetica-ecosocialismo-burgues-green-new-deal-ideologia-falsas-soluciones-soluciones-necesarias
https://inter-rev.foroactivo.com/t4720-un-clon-de-ciertas-actitudes-propias-de-karl-kautsky-rolando-astarita
https://inter-rev.foroactivo.com/t7810-decadentismo-patetico-elementos-de-critica-a-nuevo-curso?highlight=decadencia
https://inter-rev.foroactivo.com/t6452-capitalismo-sin-rasgos-progresivos-en-decadencia-critica-al-pcinternacional-el-comunista?highlight=decadencia
https://inter-rev.foroactivo.com/t424-capitalismo-crisis-energia-desarrollo-decadencia?highlight=decadencia
https://inter-rev.foroactivo.com/t8766-premoniciones-fallidas-guerra-mundial-y-presunta-decadencia-del-capitalismo-historiac?highlight=decadencia
https://inter-rev.foroactivo.com/t2806-critica-de-la-plataforma-de-la-tendencia-comunista-internacionalista-tci?highlight=critica++al+plataforma+d+ela+TCI
https://inter-rev.foroactivo.com/t8949-critica-comunista-al-marxismo-colapsista-i?highlight=critica+al+marxismo+colapsista

 

* Nous avons choisi ce sous-titre qui ne trahit pas la position de Materia. (Pantopolis.)

A lire impérativement : 

250 ans de capitalisme

de Marcel Roelandts (version du 17 mars 2020)

Introduction

Rapide survol de 250 ans de capitalisme

De la révolution industrielle à la fin de la double bipolarisation du monde

Les quatre temps du rapport de force entre les classes 

La lutte declassede 1760 à la Révolution russe

Travailler plus pour gagner moins

Part des profits et taux de profit

De grands sacrifices pour de maigres résultats

Des témoignages accablants

Un monde économiquement polarisé

Pays industrialisés et Tiers-Monde

Cause et conséquences de cette bipolarisation

Le cas emblématique de l’Inde

Tiers-Monde, entre-deux guerres et Trente glorieuses

Éclatement du Tiers-Monde

(A suivre ...)

Annexes sur les données et la méthodologie

Tableau des données les plus importantes

Sources des données pour les graphiques

Présentation des données

Remarques sur le choix de la série sur l’évolution du salaire réel

Le calcul du taux de plus-value en GB

Liste des graphiques(G), tableaux (T) et cartes (C)Quelques graphiques complémentaires

Bibliographie 

Fichier pdf du travail de Marcel Roelandts, à télécharger.

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