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théorie politique

Les enseignants : «hussards» de la République bourgeoise ou prolétaires du savoir ?

Publié le 3 Novembre 2020 par PB/Pantopolis

Les enseignants : «hussards»  de la République bourgeoise ou prolétaires du savoir ?

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Après la décapitation du professeur d’histoire-géographie

Samuel Paty

Les enseignants : «hussards»

de la République bourgeoise ou prolétaires du savoir ?

 

Le contexte de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine

L’assassinat immonde d’un travailleur de l’enseignement, professeur d’histoire-géographie et père de famille, décapité par un jeune fanatique islamiste (d’origine tchétchène), pour avoir montré en classe deux caricatures du «Prophète» publiées par Charlie Hebdo, est venu rappeler aux enseignants qu’ils ne font pas un métier sans danger, surtout quand il s’agit de matières appelant à la réflexion et à l’esprit critique des jeunes élèves (histoire et philosophie en particulier).

Ils le savent depuis les attentats meurtriers de 2015 contre Charlie Hebdo et le «Bataclan». En décembre de cette même année terrible, le magazine de l’État islamique (Daech) Dar al Islam appelle à frapper l’École française, lieu de scandaleuse mixité filles-garçons, repaire de «mécréance» et de «perversion». Les professeurs sont stigmatisés comme «corrupteurs» qu’il s’agit de «combattre et tuer», en particulier ceux chargés de «l’éducation civique et morale». L’École française où sont interdits la prière et les signes religieux, où est enseignée la «théorie darwiniste de l’évolution», serait aux mains «des vrais maîtres de l’Occident : les juifs corrupteurs». Outre l’appel à répandre la terreur chez les enseignants, Daech appelait les musulmans de France à rejoindre le «califat» qui «a mis en place des écoles où les programmes sont réellement islamiques, purifiés de toutes les mécréances et péchés»[1].

Nul ne sera surpris qu’aujourd’hui le nouveau «calife» autoproclamé Recep Erdogan, dans son palais pharaonique néo-seldjoukide d’Ankara (200.000 m!), reprenne à son compte le même type de discours. Non seulement il envoie des mercenaires syriens faire le djihad contre les «infidèles» Arméniens du Haut-Karabakh, après avoir combattu les Kurdes «mécréants» du Rojava, mais il invite les musulmans et musulmanes de l’Hexagone, victimes d’«islamophobie», à immigrer sans tarder en Turquie[2], tandis que se multiplient les appels à boycotter les produits français au Moyen-Orient après le soutien officiel de Macron à la publication de caricatures jugées « blasphématoires »[3].

Nul ne sera surpris qu’un ancien premier ministre de la Malaisie musulmane (Mahathir Mohamad) proclame par tweet – un mois après la tentative d’attentat d’un jeune Pakistanais contre les anciens locaux de Charlie Hebdo (26 septembre) –, immédiatement après l’attentat du 29 octobre perpétué par un jeune Tunisien contre des fidèles de la cathédrale de Nice, que :

« Au cours de leur histoire, les Français ont tué des millions de gens. Beaucoup étaient musulmans. Les musulmans ont le droit d’être en colère et de tuer des millions de Français pour les massacres du passé »[4].

Qu’un professeur – dont la tâche est de développer l’esprit critique de jeunes consciences en éveil – soit victime, à la veille des vacances scolaires, d’une monstrueuse décapitation par un jeune fanatique, réfugié « radicalisé », s’inspirant des méthodes de Daech en Syrie et en Libye[5], est donc tout sauf l’effet du hasard. Cet assassinat politico-religieux s’inscrit donc bien, non seulement dans un cadre national (procès actuel des accusés de la tuerie de Charlie Hebdo, vote de lois macroniennes contre un prétendu «séparatisme islamiste»), mais aussi dans un cadre international où le « radicalisme » islamiste est encouragé par certains États où domine la religion du «Prophète». Cette religion, où l’État capitaliste à la botte des imams domine la société civile, fournit un cadre idéologique justificatif d’une expansion impérialiste. L’Iran, l’Arabie saoudite, la Turquie d’Erdogan, qui veut reconstituer l’Empire ottoman, en sont la parfaite illustration.

Il faut être d’une abyssale stupidité politique pour prétendre – comme le fait un site trotskyste[6] – qu’il s’agit d’ « un fait divers criminel local… ». Sans doute ces prétendus partisans du Trotsky révolutionnaire de 1917 sont-ils en profond accord avec le New York Times qui titrait : «La police française tire et abat un homme après une attaque meurtrière au couteau dans la rue»[7]. L’exemple même du fait divers…

Ce site, comme certains sites plutôt orientés à l’extrême droite, se révèle soudain partisan de la théorie des complots, soutenant mordicus qu’il s’agit en fait :

(d’) un acte terroriste isolé (parfois fabriqué) pour mener une politique de terreur. Les exemples sont l’attentat de Sarajevo qui a servi de prétexte à la première boucherie mondiale, l’incendie du Reichstag qui a servi de prétexte à l’installation du nazisme, l’attentat contre le diplomate Vom Rath qui a servi de prétexte à la nuit de cristal contre les juifs allemands, l’assassinat du président rwandais qui a servi au lancement du génocide, les attentats terroristes en Algérie qui ont servi de prétexte à l’écrasement de l’Algérie sortie de la révolution d’octobre (sic) 1988, etc.[8]

Un «nouveau Sarajevo» se dissimulerait donc sous les misérables haillons macroniens de lutte «contre le séparatisme islamique», sorte de «contre-révolution» ouvrant la voie à une sorte de fascisme. Toutes les forces politiques se seraient liguées pour contrer préventivement « la révolution sociale » montante, incarnée naguère par les modernes «sans-culottes», les gilets jaunes radicaux. Et ce site trotskyste (issu de « Lutte ouvrière ») – faisant feu de tout bois contre l’islam, le christianisme et le bouddhisme radicaux, contre tout l’arc politique de l’«extrême gauche opportuniste» à l’extrême droite – de se lancer dans une interminable litanie de pantalonnades… sans-culottes[9].

Fait divers local ? Pourquoi ne pas écrire à la façon de Hara Kiri en 1970 : « tragique exercice au couteau à Conflans-Sainte-Honorine » ? Ou bien, à propos de l’attaque de Daech du 2 novembre 2020 : « tragiques exercices de tir à Vienne : 4 morts » ?

D’autres trotskystes, surtout le NPA et certains libertaro-gauchistes du type OCL (Organisation communiste libertaire), continuent à voir dans l’«islamophobie » le «plus grand danger» pour «l’expression des libertés démocratiques», dont celle d’affirmer « une identité nationale et religieuse » (port du voile inclus). Bien souvent, ils n’ont pas hésité à se compromettre avec les racialistes racistes du PIR (Parti des indigènes de la république)[10] – au parfum antisémite très prononcé – et différentes succursales de l’idéologie islamiste, comme lCCIF (Comité contre l’islamophobie en France). Que l’identité du NPA soit tout sauf une identité classiste, il suffit de lire sa presse – où triomphe toute une idéologie petite-bourgeoise putride – malgré la présence en son sein de fractions d’opposition jurant devant l’ombre disparue de Trotsky qu’elles resteront toujours «prolétariennes».

Si le NPA rejette l’unité nationale du Rassemblement national à la France Insoumise – condamnant Jean-Luc Mélenchon, ex-trotskyste-lambertiste, ancien ministre «socialiste» (2000-2002) et distingué franc-maçon[11] – il en appelle maintenant à une « juste laïcité » pour des raisons sociologiques. Pour lui, l’enseignement catholique, serait plus « bourgeois » que l’enseignement islamique, qui concerne les « couches les plus pauvres » des travailleurs en France. On peut ainsi lire : « Le vrai danger pour la laïcité, c’est l’enseignement privé sous contrat, majoritairement catholique, le concordat en Alsace-Moselle qui impose l’enseignement de la religion de l’école primaire au collège… »[12].

D’autres groupes, comme «Lutte ouvrière», semblent tenir un langage plus «sensé» en dénonçant autant le « fascisme islamiste » que la politique de division de la classe ouvrière menée systématiquement par toutes les forces du capital (ses partis et ses médias) :

Ces deux forces politiques [extrême droite et islamisme] s’inscrivent dans l’ordre social capitaliste. Elles n’ont rien contre le diktat patronal, rien contre l’exploitation. Elles n’ont rien à dire aux travailleurs pour répondre à leurs problèmes vitaux d’exploités. Elles font diversion en fabriquant des boucs-émissaires – les musulmans et les étrangers pour les uns, les mécréants pour les autres – et en alimentant l’intolérance et la haine[13].

Soit. Mais cette organisation ne dit pas le moindre mot sur la politique réactionnaire de la gauche lorsqu’elle s’en prend aux travailleurs, qu’ils soient « locaux » ou « immigrés », laïcs ou religieux. « L.O. », très présente dans les instances de la CGT (tel Jean-Pierre Mercier, habitué des plateaux télé), n’hésite d’ailleurs pas à s’en prendre aux immigrés sans-papiers lorsqu’ils font entendre leur voix, comme en juin 2009, en dénonçant très justement les bonzes de la CGT (et tutti quanti) et en occupant la Bourse du travail :

Depuis quelques jours une campagne anti CGT s’est développée dans les médias sur l’évacuation de la Coordination des Sans Papiers 75 (CSP 75) qui occupait depuis 14 mois la Bourse du travail de Paris. Cette organisation, la CSP 75, toute seule et contre l’avis de toutes les organisations qui luttent sur les terrains des papiers, avait décidé de s’attaquer aux syndicats en, occupant la Bourse du travail au lieu de s’en prendre au gouvernement. Pour le syndicat CGT de Citroën Aulnay, le seul ennemi c’est le gouvernement… nous ne cautionnerons sous aucune manière ceux qui par démagogie, ou autre, s’attaque aux syndicats au lieu de s’en prendre au patronat et à son gouvernement[14].

Ces groupes trotsko-gauchistes qui ont noué une forte alliance avec le PCF, via la CGT, dont ils sont devenus les vrais gardiens du temple, oublient de rappeler que la gauche n’a fait depuis les années 1980 qu’ouvrir une voie royale à l’extrême droite raciste et anti-immigrés : c’était l’époque des bulldozers PCF en 1981 contre les foyers d’ouvriers étrangers d’Ivry et de Vitry. En 1996, Jean-Pierre Brard, maire «communiste» de Montreuil fit discrètement détruire au petit matin le foyer « Nouvelle France », etc., etc.

C’est un fait que nombre d’enseignants ont eu un engagement politique dans ces groupes gauchistes, trotskystes en particulier. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont écœurés aujourd’hui de toutes leurs palinodies qui les laissent totalement désarmés non seulement face au terrorisme islamiste mais aussi face à l’État «républicain» gardien du temple capitaliste.

Un professeur d’histoire-géographie Christophe Naudin[15], rescapé miraculeusement du massacre du «Bataclan», vient de publier un ouvrage qui dénonce cette veulerie typique des groupes gauchistes qui, pour des raisons de logique électoraliste ou de chasse aux adhérents syndicaux, rivalisent de démagogie à l’égard de leurs « ouailles » de sensibilité musulmane, en délivrant toujours des «circonstances atténuantes» lors des attentats, ou en versant dans un «antiracisme antifasciste» qui leur donne bonne conscience :

« Je sature de ceux qui font ami-ami avec Tariq Ramadan, le Parti des indigènes de la République et toute cette nébuleuse, parce que l’islam serait la religion des dominés…

 « Je pense à des gens, particulièrement mes proches, qui n’en peuvent plus, à la fois de la violence et de l’ambiance insupportable dues aux attentats, et des leçons de morale, des procès en racisme ou des circonstances atténuantes (ou ressenties comme telles) accordées aux terroristes»[16].

Laïcité, attaques contre les enseignants, déjà sous le joug de la République bourgeoise

Lors de l’hommage qu’il a mis en scène dans la Cour d’honneur de la Sorbonne – une Université sans cesse foulée aux pieds par l’ordre marchand républicain – Macron n’a pas manqué d’affirmer que l’enjeu actuel se situait non entre Capital et Travail mais Fanatisme et Lumières de la République. Transformant Samuel Paty en martyr et en pure incarnation de la foi républicaine, le chef de la République en marche (vers l’abîme ?) transformait les salles de classe en salles de décontamination à l’usage des «sauvageons» d’origine «musulmane»[17]. La tâche des enseignants devrait être non d’éveiller les jeunes esprits à l’esprit critique, y compris contre la politique économique et sociale de l’État, et donc «les représentants de la République», mais de passer la savonnette «républicaine» sur tout un chacun (Sarkozy, lui, aurait fait usage du Kärcher…), en particulier dans les «zones sensibles» :

« Samuel Paty fut tué précisément… parce qu’il incarnait la République qui renaît chaque jour dans les salles de classe… Faire des républicains, c’était le combat de Samuel Paty… Alors oui, dans chaque école, chaque collège, dans chaque lycée, nous redonnerons aux professeurs le pouvoir de faire des républicains»[18].

Ainsi les enseignants devraient incarner la «neutralité républicaine laïque». Le sens de leur magistère serait de nature idéologique : faire renaître chaque jour, comme un phénix, l’adhésion à l’État français (en latin, res publica – État). C’est ce que le ministre Blanquer appelle «l’enseignement moral et civique» sur lequel il «ne transigera pas»[19].

Ces mêmes enseignants qui subissent maintenant des attaques terroristes les subissent aussi quotidiennement de la part de leur État «républicain et laïc», sous forme de destruction de postes. De Sarkozy à Macron, avec le même fonctionnaire préposé à l’Éducation nationale : Jean-Michel Blanquer. Celui-ci a avalisé la suppression de 1.800 postes dans les collèges et lycées, après avoir supprimé en 2018 1.600 postes   au ministère de l’Éducation nationale. Sous Sarkozy, ce proche de Macron avait supprimé 59.500 postes (13.500 en 2009, 16.000 en 2010 et 2011 et 14.000 en 2012)[20].

Les attaques de l’État «républicain» contre les enseignants se manifestent aussi au niveau du porte-monnaie. Entre 1982 et 2018, le salaire moyen d’un professeur certifié, à niveau d’ancienneté équivalent, a baissé de 20 %. Même évolution en négatif pour les autres enseignants[21].

Outre une inquiétude grandissante, après l’assassinat de leur collègue de Conflans-Sainte-Honorine qui les a profondément meurtris, la majorité des enseignants (81 p. 100) se sent très mal protégée en classe face au coronavirus[22].

Et que leur annonce le régime Macron, par la bouche de Blanquer, si ce n’est une pure et simple décapitation pédagogique : une dévalorisation du métier d’enseignant que cet ancien élève du Collège Stanislas, toujours soumis aux intérêts du Capital, ex-patron de l’ESSEC, ex-collaborateur de Sarkozy, voudrait transformer en dociles salariés ubérisés, soumis aux algorithmes de neurosciences antisociales et à leur hiérarchie.

Au niveau pédagogique, en dépit de la célébration de l’esprit critique chez les élèves (par de simples  caricatures ?) et des « Lumières » (celles de la Raison capitaliste ?), les matières enseignées s’appauvrissent : français, mathématiques, histoire-géographie, sciences économiques et sociales, langues, Sciences de la vie et de la Terre (SVT). Il n’est aucune matière qui n’échappe au tranchant de guillotine des «réformes pédagogiques». Au lycée professionnel, nombre d’heures de lettres et d’histoire ont été supprimées. Tout doit être fait pour célébrer l’entreprise privée, le marché, le «choix rationnel» dindividus soi-disant libres, patrons de préférence, le travailleur apparaissant comme une verrue dans leur langage marchand :

« Silence sur l’extorsion de la plus-value, les profits, la reproduction sociale… Rien sur les ségrégations urbaines et si peu sur le chômage, la précarité, qui structurent pourtant les rapports à l’emploi des moins dotés, et singulièrement des femmes et des jeunes »[23].

Non les enseignants ne sont  pas des «hussards de la République», au service de l’État capitaliste, de son idéologie et de son économie marchande ! Ils sont devenus de simples prolétaires du savoir, un savoir que le capitalisme lui-même détruit chaque jour de son existence.

La prétendue « laïcité » que la « République » bourgeoise souhaite faire régner dans les écoles, n’est rien d’autre qu’un plébiscite permanent pour la religion du capital, celle de la marchandise et du profit. C’est cette religion que la «République» voudrait faire triompher dans les écoles, en espérant obtenir l’adhésion des enseignants, de gré ou de force.

 

Pantopolis, 3 novembre 2020.

 
 
 
[1] « L’État islamique appelle à ‘tuer’ des enseignants », Le Monde, 3 décembre 2015.

[2] « Comment la Turquie courtise les Français musulmans », La Croix, 21 oct. 2020.

[3] « Caricatures de Mahomet : Paris appelle à faire ‘cesser’ les appels au boycott », Le Monde, 24 oct. 2020.

[4] Cité par Le Point, 30 octobre 2020 (dépêche AFP). Des tweet antérieurs de cet homme politique malais, âgé de 95 ans, avaient appelé à faire de même contre les juifs et les homosexuels.

[5] En février 2015, 21 travailleurs chrétiens coptes furent décapités par Daech non loin de la ville de Syrte. Les vidéos des décapitations continuent à circuler sur internet.

[6] «Matière et révolution», 25 oct. 2020 : https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6013.

[7] French police shoot and kill man after a knife attack on the street”.

[8] Les petites capitales sont de nous.

[9] Idem : « Au cri de guerre de classe de la Sans-Culotterie Révolutionnaire (sic) qui criait ‘Paix aux chaumières ! Guerre aux châteaux !’, nous répondons aussi par notre cri de guerre, un cri de classe (resic), celui des peuples travailleurs du monde : Paix entre les peuples et guerre aux tyrans !... ».

[10] Cf. site du PIR : http://indigenes-republique.fr/marche-contre-lislamophobie-du-10-novembre-2019-un-autre-bilan/

[11] «La riposte du peuple en France, c’est l’unité (nationale)», a affirmé Mélenchon dans une interview du 17 oct. 2020. On pourrait ajouter : comme les « socialistes » en août 1914 appelant les ouvriers à adhérer à la guerre impérialiste…

[12] Révolution permanente (NPA), 19 octobre 2020.

[13] « Non au terrorisme islamiste ! Non à la campagne anti-immigrés et raciste ! », Lutte ouvrière, 26 octobre 2020.

[14] Cité par « Matière et révolution » : http://www.matierevolution.fr/spip.php?article316, « D’où vient et où va Lutte ouvrière (France) », 6 avril 2018.

[15] Ce professeur a publié, en 2015, en collaboration avec William Blanc, un ouvrage qui s’attaque au mythe des identités fondatrices de la « Nation » : Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l’histoire au mythe identitaire, Paris, Libertalia.

[16] Christophe Naudin, Journal d’un rescapé du Bataclan. Être historien et victime d’attentat, Libertalia, 30 octobre 2020.

[17] Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Éducation nationale (1984-1986), puis de la Défense et de l’Intérieur, avait tonné en 1999 contre les «sauvageons». L’actuel ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, parle quant à lui d’«ensauvagement d’une partie de la société » (Le Figaro, 24 juillet 2020).

[18] Discours de Macron, dans la Cour d’honneur de la Sorbonne, lors de l’hommage national à Samuel Paty, Le Monde, 21 octobre 2020.

[19] Le Point, 1er novembre 2020.

[20] «Suppressions de postes dans l’éducation : le liquidateur Blanquer prolonge son expérience sarkozyste», Marianne, 18 sept. 2018.

[21] François Jarraud, «Comment les salaires des enseignants ont baissé» : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/

[22] Cf. article sur le site France-Info : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-81-des-enseignants-se-sentent-mal-ou-tres-mal-proteges-en-classe-face-au-virus-selon-une-enquete-du-snuipp-fsu-qui-demande-un-protocole-sanitaire-renforce_4139151.html

[23] Un appel d’enseignants et d’intellectuels, in L’Humanité du 23 octobre 2019.

 
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R
Je ne comprend pas que quelqu'un d'intelligent puisse croire que l'article de Matière et Révolution revienne à dire que les enseignants sont les hussards de la république.
L'exploitation politique et sociale d'un fait divers semble être ignorée comme méthode des classes dirigeantes par Mr Bourrinet !!!!
Répondre
P
Bêtise abyssale d'affirmer comme le site Matière et révolution que la décapitation de Samuel Paty est un simple fait divers et non une action visant le prolétariat, sous couvert de "fanatisme religieux" propulsé par une myriade d'Etats mini-impérialistes et contre-révolutionnaires. Les enseignants, que Matière et révolution semble considérer non comme des prolétaires, mais des "petits-bourgeois', apprécieront cette "prose" totalement irresponsable déversée par M. Robert Paris.
Pantopolis dénonce toute idéologie transformant des travailleurs intellectuels en "hussards de la république", donc au service du Capital. C'est la vision de la bourgeoisie française, pas celle du prolétariat dont les enseignants font partie.
Matière et Révolution ne dit pas que les enseignants sont des "hussards de la république"; elle en fait de simples "faits divers", aussi fugaces qu'insignifiants, même lorsqu'ils se font assassiner par un fanatique au service d'une des idéologies du capitalisme : l'islamo-capitalisme propagé par différents Etats à travers le monde.