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théorie politique

Kronstadt : alibis à l’œuvre

Publié le 25 Mars 2021 par inter-rev.foroactivo.com

Sur le Petropavlosk, 1917, le mot d'ordre des marins de Kronstadt : "A mort la bourgeoisie!"

Sur le Petropavlosk, 1917, le mot d'ordre des marins de Kronstadt : "A mort la bourgeoisie!"

Kronstadt : alibis à l’œuvre

Une réaction de inter-rev.foroactivo.com

A) L’interprétation et les alibis de Lénine, Trotsky et Zinoviev.

B) L’alibi de « l’erreur tragique" (CCI)

Dans sa justification du «Projet initial de résolution du 10e Congrès du PC de Russie sur l’unité du parti», Lénine argumente : « L’exemple du soulèvement de Cronstadt, alors que la contre-révolution bourgeoise et les gardes blancs de tous les pays du monde se sont montrés au point d’être prêts à adopter même les mots d’ordre du régime soviétique dans le but de renverser la dictature du prolétariat en Russie, lorsque les SR et la contre-révolution bourgeoise en général ont utilisé à Cronstadt les slogans de l’insurrection, prétendument promus au nom du pouvoir soviétique contre le gouvernement soviétique en Russie, cela a montré de la manière la plus évidente que les ennemis du prolétariat profitent de toutes les déviations du modèle communiste strict et cohérent».

À un autre moment du dixième congrès, Lénine ajoute dans son rapport : «En tant que parti au pouvoir, nous ne pouvions que fusionner les ‘hautes sphères’ du parti avec celles des soviets - elles sont fusionnées et le resteront

Lénine affirme que le soulèvement est l’œuvre des «SR et des gardes blancs de l’étranger» qui, combinés aux approches «petites-bourgeoises-anarchistes», mènent à une «contre-révolution petite-bourgeoise». Zinoviev ment sciemment, en prétendant que «le général blanc Kozlovski avait traîtreusement pris Cronstadt». Lénine dit aussi quelque chose de similaire. Dans l’un de ses discours au dixième congrès, Lénine déclare que la revendication des soulèvements consiste en « des slogans nébuleux de « liberté «, de « liberté du commerce «, d’« émancipation «, de « Soviets sans bolcheviks « ou de nouvelles élections aux Soviets, ou de libération de la « dictature du parti «, etc..., etc... «.

Puis il ajoute : «Les mencheviks et les SR déclarent que le mouvement de Cronstadt est «le leur». (...) Tous les éléments des gardes blancs se mobilisent instantanément «pour Cronstadt» avec une rapidité que l’on peut qualifier de radiotélégraphique. Les gardes blancs parmi les militaires professionnels de Cronstadt, toute une série de spécialistes, pas seulement Kozlovski, élaborent un plan pour le débarquement de troupes à Oranienbaum, un plan qui effraie la masse vacillante des mencheviks, des SR et des non-partisans. Plus d’une demi-centaine de journaux de gardes blancs publiés à l’étranger en langue russe mènent une furieuse campagne «pro-Cronstadt». Les grandes banques, toutes les forces du capital financier ouvrent des souscriptions pour aider Cronstadt ».

Cité dans : https://jacobinlat.com/2021/03/23/kronstadt-una-victoria-pirrica-del-bolchevismode-dramaticas-consecuencias/

Tournons-nous vers Trotsky : «Seule une personne complètement superficielle peut voir dans les bandes de Makhno ou dans la révolte de Cronstadt une lutte entre les principes abstraits de l’anarchisme et du «socialisme d’État». En réalité, ces mouvements étaient des convulsions de la petite bourgeoisie paysanne qui souhaitait, certes, se libérer du capital, mais qui, en même temps, n’acceptait pas de se subordonner à la dictature du prolétariat. La petite bourgeoisie ne sait pas concrètement ce qu’elle veut et, en vertu de sa position, ne peut pas le savoir.»

(Trotsky «Alarme sur Cronstadt») https://ceip.org.ar/Alarma-por-Kronstadt

Dans les milieux trotskystes, nous lisons : La conspiration contre-révolutionnaire était «Loin d’être une rébellion «spontanée», il y avait une conspiration contre-révolutionnaire qui, voulant utiliser le mécontentement des marins de Cronstadt, avait ses propres plans. Trotsky souligne que «la logique de la lutte aurait donné la prédominance aux extrémistes du fort, c’est-à-dire aux éléments contre-révolutionnaires. Le besoin d’approvisionnement l’aurait rendu directement dépendant de la bourgeoisie étrangère et de ses agents, les émigrés blancs. Tous les préparatifs nécessaires à cette fin étaient en cours». Les archives le confirment. ...

«Les bolcheviks n’ont pas manqué de voir des motifs honnêtes dans la protestation, ils ont compris la situation calamiteuse que traversait le pays tout entier et n’ont pas eu peur des revendications économiques du mouvement. Mais les actions des dirigeants, suivis par les marins, se sont transformées en une rébellion armée qui, quelles que soient ses intentions, ne pouvait qu’aider les forces de la restauration capitaliste et a obligé les bolcheviks à la réprimer. Les défenseurs de la mutinerie de Cronstadt constituent un front uni allant des anarchistes aux gardes blancs et à l’impérialisme français.»

http://www.laizquierdadiario.com/Kronstadt-el-mito-y-la-tragedia

Nous lisons : Trotsky se souvient : «Toute la couche dirigeante des ouvriers avait quitté Petrograd. La faim et le froid régnaient dans la capitale déserte, peut-être plus furieusement encore qu’à Moscou. Une période héroïque et tragique ! Tout le monde avait faim et était irritable. Tout le monde était mécontent. Dans les usines, il y avait un mécontentement sourd.» Dans l’un de ses discours au dixième congrès, Lénine dénonce l’existence de «gardes blancs» qui «essaient et savent se déguiser en communistes, même les plus à gauche, afin d’affaiblir et de démolir le rempart de la révolution prolétarienne en Russie». ...

Trotsky lui-même ne nuancera que légèrement sa position en 1939, peu avant sa mort, en déclarant que «ce que le gouvernement soviétique a fait sans le vouloir à Kronstadt était une nécessité tragique» et en reconnaissant que les dirigeants anarchistes, y compris Makhno, «pouvaient avoir de bonnes intentions, mais ils ont décidément mal agi.

https://jacobinlat.com/2021/03/23/kronstadt-una-victoria-pirrica-del-bolchevismo-dedramaticas-consecuencias/

Le CCI (« Courant communiste international »), pour sa part, au sein du trotskisme de gauche, parle d’«erreur tragique» :

«Une telle décision est cependant une erreur tragique, car elle a été prise contre les travailleurs qui s’étaient levés pour défendre leur principale arme de transformation politique consciente de la société et le véritable organe vital de la dictature du prolétariat : le pouvoir des soviets.»

https://fr.internationalism.org/content/10428/il-y-a-cent-ans-soulevement-kronstadt

Mais une formation révolutionnaire n’en attaque pas une autre avec des moyens militaires et la terreur sur ses proches, les menaces et les fusillades contre les grévistes à Saint-Pétersbourg et à Moscou, les interventions interdisant les réunions, les assemblées prolétariennes. .... Quelque chose ne colle pas ....

En réalité, le PCR(b) avait peur de perdre ses positions de pouvoir si des élections étaient organisées dans les soviets, et devait également bloquer manu militari un éventuel soutien des marins, soldats et ouvriers de Cronstadt, armés et pleins de ressentiment contre le PCR(b) et son État, aux prolétaires et grévistes mécontents de Saint-Pétersbourg et de Moscou.

Le PCR(b) CE avait déjà élaboré le plan de la NEP et, dans ce plan, il tentait de consolider le capitalisme d’État et ses positions au sein de celui-ci contre les formes capitalistes privées et coopératives qui ne cadraient pas avec ses plans, mais dont il savait qu’elles devaient exister et dont l’objectif devait nécessairement être de les subordonner au capital d’État, et non de les anéantir, car elles remplissaient un rôle nécessaire dans la structure économique des relations capitalistes en Russie d’abord et en URSS ensuite. Les mesures politiques, économiques et militaires exigées par le Soviet de Cronstadt interféraient avec un tel projet, et si on les laissait prospérer, le privilège d’État du parti bolchevique s’effondrerait. Que tout cela se déroule dans un contexte de limitation par la guerre, le chaos économique et les malheurs prolétariens, alors que le processus révolutionnaire reste isolé en Russie et qu’il n’y a aucun signe de soulèvement du prolétariat international, est évident et il faut lui accorder sa grande importance, mais s’en servir comme alibi pour justifier directement ou indirectement une ligne d’action contre le prolétariat ... est infâme et typique d’un léninisme honteux. Le bolchevisme ne voulait pas demander à la classe ouvrière ce qu’elle devait faire et la laisser décider et assumer les conséquences, il s’est consacré à servir le capitalisme et à le développer grâce à son rôle d’État prééminent, avec sa justification substitutionniste comme idéologie, prétendant avant tout qu’ils contrôleraient l’incontrôlable, le capitalisme d’État, afin d’améliorer la situation du prolétariat ....

Et ce qui est arrivé, c’est le stalinisme.

Aníbal 24-03-2021 (https://inter-rev.foroactivo.com/)

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