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pantopolis.over-blog.com

théorie politique

Publié le 4 Septembre 2021 par TCI / pantopolis

La perspective?  La barbarie démultipliée des grands impérialismes dominants : USA et Chine 

Nous publions cette prise de position de la Tendance communiste internationaliste (Battaglia comunista, Italie) écrite lors de la prise de Kaboul par les talibans.

Ces austères "religieux" enturbannés, qui assassinent maintenant les musiciens de leur pays et font une chasse féroce à leurs adversaires (femmes évidemment incluses), ne sont pas de simples "barbares" bestiaux, pur remugle d'un lointain Moyen Age.  Ils savent depuis fort longtemps s'insérer dans le trafic international de la drogue (opium).

Depuis le 15 août 2021, depuis la chute de Kaboul, les talibans n'ont d'autre perspective que de se faire vite les agents de l'un ou l'autre des impérialismes dominants s'ils veulent survivre à un total blocus économique et financier et rester au pouvoir.

Proclamant qu'ils sont les "fossoyeurs de tous les impérialismes occidentaux ("le cimetière des empires"), les talibans malgré toutes les armes modernes que leur ont abandonnées les Américains, sont bien désarmés aussi bien économiquement que politiquement.

Il n'est pas sûr que le super-impérialisme chinois qui promet de soutenir économiquement le régime taliban - moyennant des concessions minières à son seul profit - le fasse longtemps et sans garanties stratégiques (installation de bases militaires, ferme soutien sous forme d'accords "d'amitié" et "d'échange" à la politique extérieure et même intérieure chinoise.)

Nous reviendrons par la suite sur le sens historique de cette prétendue "défaite" du superimpérialisme américain au regard de la puissance montante  : le superimpérialisme chinois.

Pantopolis, 2 septembre 2021.

La tragédie afghane, entre la brutalité du nationalisme taliban et la barbarie de l’impérialisme américain

https://www.leftcom.org/files/styles/galleryformatter_slide/public/taliban2021.jpg?itok=5aSddnKu

Le récit convenu sur le retrait américain d'Afghanistan est le suivant : Washington en a assez d’être le gendarme du monde, que ses propres soldats se fassent tuer aux quatre coins du globe et enfin que des milliards de dollars soient dépensés pour financer les opérations de l'OTAN. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Les États-Unis se retirent non pas parce qu'ils ont atteint leurs objectifs, comme le prétend Biden, mais parce qu'ils ont été vaincus.

Après 20 ans de guerre, plus de 2 000 morts américains et 2 000 milliards de dollars de dépenses militaires sans obtenir le moindre avantage impérialiste, ils se sont retirés, laissant le champ libre, d'une part, aux talibans sur le front intérieur et, d'autre part, à la Chine, à la Russie et à la Turquie sur la scène internationale. Ceux qui soutiennent que le désengagement américain - avec plan "stratégique de sortie" de l'Afghanistan - est une solution tactique visant la Chine, se trompent lourdement.

Il est vrai que la Chine est l'objectif stratégique n° 1, tant dans l'immédiat que pour l'avenir, mais le Pentagone n'a plus la force dont il disposait il y a quelques décennies. L'économie américaine ne domine plus le marché mondial comme autrefois, sa balance des paiements avec les pays étrangers est dans le rouge sombre. La crise occasionnée par les faibles taux de profit, avec une faible valeur en capital investi de manière productive, a favorisé la spéculation et déprimé l'économie réelle, de sorte que le coût à payer pour être le gendarme du monde, c'est-à-dire les frais pour continuer à être le premier pays impérialiste de l'univers, commence à être insoutenable. Il est donc préférable de se retirer de zones dangereuses qui ne peuvent être que des terrains de défaites (Irak, Syrie et Afghanistan) pour se concentrer sur des objectifs plus délimités mais stratégiquement plus importants comme la Chine.

On est loin du discours mentionné plus haut. Mais ce faisant, le retrait américain d'Afghanistan permet à Pékin d'établir des accords avec les talibans, qui n'interviendront plus dans la lutte menée par la Chine contre les musulmans ouïgours de la province du Xinjiang, en échange d'une reconnaissance politique et de financements "généreux" pour la reconstruction économique du pays après trente ans de guerre. En outre, la production énergétique russe a désormais plus facilement accès à la Chine et à l'Inde, et la Turquie peut se présenter comme une puissance indispensable pour toute négociation en Asie centrale, en convoquant à Istanbul les talibans et leurs adversaires, pour une solution "définitive".

Le peuple afghan, la situation des femmes importent peu à Biden. Ayant perdu la possibilité de soutenir un gouvernement allié et vassal, le président américain a donné l'ordre de fuir, mobilisant des milliers de soldats pour la dernière et honteuse campagne d'Afghanistan. Même les impérialismes, lorsqu'ils sont en difficulté économique et vaincus, se trompent dans leurs stratégies ou tombent dans l'erreur.

Malheureusement sur le terrain de la réponse prolétarienne de classe, il n’y a rien d’autre à constater que son absence. C'est pourquoi la tragédie afghane oscille entre la brutalité du nationalisme taliban brutal et la barbarie de l’impérialisme américain.

F.D.

Traduction de Battaglia Comunista, 15 août 2021

 

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