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théorie politique

« Créons l’impossible ! », 24 mars 2022

Publié le 25 Mars 2022 par De te fabula narratur

« Créons l’impossible ! », 24 mars 2022

Site en hongrois à cette adresse : https://detefabulanarraturkiado.wordpress.com/

Un design artistique avec quelques référence à Raoul Vaneigem.

Pantopolis

En introduction au  texte «Créons l’impossible !", une  critique d'Espagne  :

par inter-rev.foroactivo.com/ (traduit de l'espagnol en français, revue par l'éditeur)

Ce texte fait coexister beaucoup d’aspiration et de lucidité révolutionnaire et internationaliste, mais contient aussi des expressions critiquables, dont je souligne l’importance :
– Aucune mention n’est faite de la forte composante dictatoriale du capital ukrainien face à sa classe ouvrière : militarisation, mesures répressives dans les entreprises et la société, avec l’obligation militariste pour les hommes en âge de le faire de porter une arme, avec interdiction d’informer et érection d’obstacles pour ceux qui tentent de s’y soustraire, avec des punitions prévues contre les déserteurs et «ceux qui évitent une participation claire à la défense nationale de l’Ukraine» (textuel).
– le texte parle des grèves des travailleurs en Russie, mais ces affirmations ne sont pas correctement étayées, en donnant au moins des sources.
– le texte parle de la barbarie, qui est le stade précédant la civilisation, c’est-à-dire les sociétés de classes.  Les nombreuses et terribles manifestations de terreur, iniquité, violence bourgeoise, dégradation, sont les conséquences nécessaires de la civilisation capitaliste. La société capitaliste engendre tout cela, mais elle ne remonte pas aux étapes historiques antérieures aux sociétés de classes.  Ce terme est utilisé de manière confuse et mystificatrice, y compris par les idéologies bourgeoises qui, face à la « barbarie » (ce qui dénature les règles bourgeoises et la société capitaliste), opposent « la civilisation », c’est-à-dire leur société de classe, exploitant et dominant le prolétariat.  C’est un terme finalement à bannir, il ne faut pas l’utiliser.
– De plus, le texte rattache cette barbarie à la propriété privée. Il faut dire clairement que le capitalisme privé, associé et étatique est l’ennemi ; non pas le privé et «l’État» (une influence bakouniniste évidente), mais toutes les formes de propriété bourgeoise et toutes les formes d’État capitaliste, et c’est après la victoire mondiale du prolétariat et une dure période de transition révolutionnaire avec la dictature prolétarienne que les structures étatiques, en l’occurrence non-bourgeoises, sont détruites. L’État s’éteint lorsque les fonctions qu’il remplit sont exercées directement par la société des producteurs libres (libérés du capitalisme) et associés, mettant ainsi fin à l’État, aux classes, à la politique, à l’argent, aux patries, aux entreprises, etc., et instaurant par la formation de la communauté humaine la société mondiale communiste.

On tombe sur un paragraphe erroné et dangereusement trompeur : « Dans le cas de l’Ukraine, il est également important de comprendre que le peuple se bat en légitime défense, pas nécessairement pour défendre sa ‘nation de merde’, mais pour défendre sa vie, celle de sa famille, de ses camarades de classe ».

Le peuple est une réalité sociale interclassiste et multiclassiste.  Existe-t-il en Ukraine des éléments qui tentent d’éviter la guerre et de se défendre ?  Oui, d’autres essaient simplement de fuir et de se cacher, mais on ne sait pas s’ils sont organisés indépendamment de l’armée et des milices nationalistes, ce sont des éléments appartenant à la classe ouvrière, mais pas seulement à la classe ouvrière.
Ce qui fait défaut, c’est une lutte de classe prolétarienne organisée contre l’État ukrainien et sa clique armée/milices belliciste ; ce qui est opposé à l’invasion russe, c’est l’armée étatique et les milices nationalistes. Il n’y a là aucune défense ouvrière ou populaire, si ce n’est une incorporation à l’effort de guerre de la bourgeoisie, qui utilise le prolétariat et les fractions bourgeoises comme masse de manœuvre, force de travail soumise à la guerre et à l’ordre capitaliste ainsi que comme chair à canon, les hommes en particulier.
La phrase «le peuple combat en légitime défense» montre que la majorité du peuple ukrainien lie malheureusement son sort à celui de son État et de ses forces armées – le pourcentage ne peut évidemment pas être précisé avec exactitude, du fait qu’il n’y a pas d’informations disponibles, complètes et sûres : une telle phrase peut-elle être interprétée comme une défense indirecte de la cause nationale ukrainienne ?  Oui, bien que ce ne soit pas l’intention des auteurs du texte, qui traitent la patrie de « merde », dans la tradition de l’anti-patriotisme.
– Quelques expressions soulignent les effets de l’idéologie communisatrice ou autre dans les sphères «anti-autoritaires».  Les auteurs utilisent des guillemets mais disent que le prolétariat doit «lutter contre lui-même « et «se nier comme classe «, ce qui traduit  et induit une confusion : le prolétariat doit se défendre en tant que classe, devenir indépendant de la sujétion politique et syndicale aux forces et idéologies capitalistes, lutter pour sa révolution et exercer sa dictature afin d’éradiquer et vaincre le capitalisme.  C’est seulement s’il l’emporte dans un tel processus que le prolétariat disparaît et que la société sans classe de producteurs libres et égaux devient réalité.

Anibal, 8 avril 2022.

Nous donnons ici notre tentative de traduction du hongrois en français d’un texte d’introduction du groupe communiste-collectiviste anarchiste de Budapest-Vienne » DE TE FABULA NARRATUR » (24 mars 2022) à un certain nombre de textes internationalistes contre la guerre en Ukraine (leftcom, pantopolis ; groupes anarchistes ukrainien et russe; Proletarios cabreados[1], Ecuador ; travailleurs de Haft Tappeh, Iran[2].

Nous avons joint en pdf les textes cités (en hongrois).

Pantopolis, vendredi 25 mars 2022.

 

 

 

« Créons l’impossible ! »

En ce moment, en l’absence d’une mobilisation de masse par un mouvement prolétarien communiste-collectiviste anarchiste étendu et efficace contre les crises du capitalisme qui génèrent la guerre et les guerres et l’idéologie de classe dominante qui les justifie, le massacre des prolétaires, des salariés, utilisés comme instruments de guerre par le régime, devient une conséquence inévitable.

Pourtant, nous ne pouvons pas reculer ! La sérénité de Švejk[1] est devenue une part de nous-mêmes. C’est pourquoi, avec nos camarades, nous la manifestons :

Le capitalisme ne peut que nous apporter exploitation, misère, aliénation, guerre et destruction, comme il l’a toujours fait. La classe ouvrière mondiale est confrontée à un choix : se battre ou tomber dans le broyeur à viande humaine du capitalisme et mourir.

C’est vrai, toute la barbarie de la propriété privée tombera avec elle! Partout dans le monde, des conflits militaires plus ou moins ouverts et des impasses éclatent entre les différentes factions bourgeoises. Des alliances et des contre-alliances se forment et se défont. L’Ukraine est actuellement au centre de tout cela et la guerre qui s’y déroule menace de dégénérer en un conflit mondial qui pourrait potentiellement mettre fin à toute vie sur la planète.

Tout comme en Iran, en Irak, au Chili, au Liban, en Colombie et récemment au Kazakhstan, en Russie et en Ukraine, la seule option pour le prolétariat est d’intensifier la confrontation avec le capital et ses États et de s’attaquer directement à ses institutions, à toutes ses vieilleries, à ses déchets et de se ‘déclasser’ pour un monde nouveau !

Le défaitisme révolutionnaire consiste à organiser toutes les luttes visant à saper le moral des belligérants et à empêcher que la classe ouvrière ne soit envoyée à la boucherie dirigée par la bourgeoisie.

Le défaitisme révolutionnaire signifie organiser des désertions massives et des cessez-le-feu parmi les travailleurs en uniforme des deux côtés de la ligne de front, abandonner ces fronts et la guerre, pour entreprendre une guerre de classe contre classe à l’échelle mondiale !

Le défaitisme révolutionnaire signifie renforcer la fraternité de classe, la solidarité de classe, les émeutes, les soulèvements, retourner nos armes contre les organisateurs du massacre guerrier, c’est-à-dire contre «nous» et toutes les forces bourgeoises et leurs laquais, contre l’apocalypse du capital...

Le défaitisme révolutionnaire signifie l’action la plus déterminée et la plus offensive dans le but de transformer la guerre impérialiste en une guerre révolutionnaire contre l’impérialisme.

Pour l’abolition d’une société de classe basée sur l’exploitation, l’aliénation et la guerre, pour une guerre révolutionnaire pour le communisme...

Soutenez le défaitisme révolutionnaire basé sur la tentative de radicalisation des manifestants anti-guerre et des déserteurs en Russie, soutenez les travailleurs en Russie qui sont en grève contre les conséquences économiques de la guerre ainsi que les réfugiés en Ukraine et de l’Ukraine.

L’internationalisme commence à se réveiller, avec des dockers en Grande-Bretagne qui refusent de charger et de décharger du pétrole en provenance de Russie.

En Russie, de nombreux travailleurs sont actuellement en grève pour des salaires impayés, l’une des «grandes conséquences» de la guerre.

Dans le cas de l’Ukraine, il faut aussi comprendre que la population se bat en légitime défense, pas forcément pour défendre sa « nation de merde « mais plutôt pour défendre sa vie, celle de ses camarades de classe.... Nous devons comprendre cela, mais la tâche consiste à retourner l’arme contre «leur propre bourgeoisie» !

Cette guerre arrive à point nommé pour que le régime poursuive sa barbarie (augmenter le taux de destruction et de mort), alors qu’il est en marche forcée (par l’inflation en vivant avec le fléau des représailles et contre-représailles). Le processus de dévaluation a déjà commencé, grâce à l’épidémie, mais la reprise économique n’a pas eu lieu. La guerre et ses suites après le désastre sanitaire est une justification idéale pour que les classes défavorisées paient pour l’endettement profond des États paralysés par la maladie (ou les vaccins) et la peur du chaos guerrier.

C’est au prix de la mort d’une classe encore plus appauvrie que le capital se rajeunit et avance une reconstruction rentable, se reconnectant ainsi à l’expansion d’un nouveau monde plus ostentatoire. Le capitalisme a toujours tiré ses plus grands profits des ruines et des désastres du monde entier. C’est pourquoi il mène une guerre physique permanente contre le prolétariat.

Nous sommes réalistes. Présenter la révolution comme une alternative à la guerre n’est pas utopique, mais imaginer - rêver - prétendre que la folie actuelle du capitalisme fonctionne et constitue une alternative viable n’est rien d’autre qu’un vote pour la dystopie... La subversion peut sembler impossible à beaucoup, mais sans le radicalisme de la lutte des classes, l’affirmation de la barbarie se répand comme la peste.

La paix comme avant signifie une autre guerre contre nous. Nous sommes réalistes, il n’y a donc qu’une seule solution pour notre classe : la révolution mondiale !

À bas les exploiteurs ! De Moscou à Téhéran, de Washington à Kiev, dans le monde entier !

Contre l’État, le capital, la propriété privée et le militarisme.

Transformons cette guerre en une lutte de classe pour la révolution communiste mondiale !

«Créons l’impossible.»

 

[1] Il s’agit du chef-d’œuvre antimilitariste et antipatriotique du Tchèque Jaroslav  HAŠEK (1921) : Les Aventures du brave soldat Švejk pendant la Grande Guerre, Gallimard, nouvelle traduction, 2018.

 

[1] Article du 6 mars 2022 de camarades de la région de Quito : https://proletariosrevolucionarios.blogspot.com/2022/03/sobre-el-derrotismo-revolucionario-y-el.html

fichier en pdf (hongrois)

affiche internationaliste

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