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théorie politique

Pantopolis : Que dire? Que faire à présent.

Publié le 12 Avril 2022 par pantopolis

Translation in english : https://leftdis.wordpress.com/2022/04/12/pantopolis-what-to-say-what-to-do/

Pantopolis: What to say? What to do?

We [Pantopolis, editor’s note] publish this appeal of the Internationalist Communist Tendency (ICT), a public appeal “TO ACT” which is addressed to all groups that are on the ground of internationalism, that is to say, of the struggle against imperialist war and for class war, in other words, the struggle for the definitive elimination of capitalism from the face of the Earth.

Aware that the Russian-Ukrainian conflict is part of a serious crisis of capitalism, the most important since 1929, that in the present military conflict – for the moment confined to Ukraine – the Western imperialist countries members of NATO and the Russian imperialism trying to attach itself to the tank of Chinese imperialism are confronting each other, the TCI underlines that it is a major step towards the third world war,

In the face of this peril, which is fast approaching, the TCI calls on the revolutionary milieu to form committees of revolutionary struggle against war and capitalism.

“We therefore propose to set up “No War but the Class War” committees wherever we are present and to invite to participate in them individuals and groups who oppose all nationalisms and recognize that the only war worth fighting is the class war to end capitalism and its bloody imperialist conflicts. This will enable the scattered revolutionary minorities of today to combine forces and carry the message of the need to fight to a broader working class.”

As presented, these committees would serve as intermediary, semi-political bodies between organs of proletarian struggle (strike and struggle committees) and internationalist revolutionary grouping organizations.

This implies selection criteria for an unambiguous membership in such committees. On this point, this call for action – or rather REAGING to the current passivity of the proletariat – remains unclear.

During the First World War, committees for the resumption of international relations were formed in order to reestablish links between the meager existing revolutionary forces, links broken by the definitive betrayal of social democracy. These nuclei of revolutionary resistance had met in Zimmerwald and Kienthal. In Zimmerwald, it should be remembered, the representatives of internationalism were in two handcarts.

These nuclei were supported by significant working-class minorities who refused to go to war and who, from 1915 onwards, made their voices heard through protest strikes, from Germany to Russia, increasingly taking on a political character.

For the existence of anti-war committees to correspond to a deep historical movement – otherwise their artificiality would make them deflate like simple balloons – two factors are necessary:

  • the occurrence of mass movements (mass strikes) against capitalism and its state in each major country of world imperialism (Europe, Russia, China, India, industrialized countries of Asia and Africa, Australian island-continent). Faced with the challenge of a third world war, perhaps in the short term, only the massiveness and simultaneity of workers’ reactions can make world imperialism and its different national components back down (temporarily, moreover).
  • A proletarian mass struggle without radical political perspectives (seizing political power by destroying the capitalist state apparatus, its police and armed forces) would be doomed to failure. The call of the TCI underlines the importance of the question of organization, both of the working masses and of its internationalist political expressions. It rightly emphasizes the vital need to organize, or “perhaps to reorganize”, after too long a period of passivity of the world proletariat.

For a fruitful discussion to take place about these “No War but the Class War committees”, two questions are essential:

  • what form can the political organization of the proletariat take, in nuclei and parties, whose finality can only be the seizure of power in order to put an end to capitalism?
  • Will the workers’ councils (but also sometimes soldiers’ councils), which were the revolutionary form adopted by the proletariat from 1917 to 1921, be the “form finally found of power”, in order to gather millions and millions of proletarians on the five continents?

The emergence of a mass organization of the proletariat in order to destroy the whole of capitalism is the burning question of the 2020s, which must be solved quickly in order to avoid the third imperialist world war.

This call of the ICC only underlines the great delay of the internationalist forces throughout the world in the face of the historical stakes: either a war of extermination of a part or the totality of humanity or a world revolution whose magnitude can only really be measured on the five continents.

The internationalist forces are very weak, often dispersed, sometimes eaten away by the most hollow sectarianism. They will only be able to find a capacity to confront each other, to regroup, even to unite, if – hic et nunc – the proletariat wakes up from its long sleep and becomes the only giant able to break the chains of slavery that encircle the surface of the earth.

Pantopolis, 11-4-2022

Manifeste de Zimmerwald publié par le Berner Tagwacht, sept. 1915

Manifeste de Zimmerwald publié par le Berner Tagwacht, sept. 1915

Que dire? que faire?

Nous publions cet appel de la Tendance communiste internationaliste (TCI), un appel public "POUR AGIR" qui est adressé à tous les groupes se situant sur le terrain de l'internationalisme, c'est-à-dire de la lutte contre la guerre impérialiste et pour la guerre de classe, autrement dit la lutte pour l'élimination définitive du capitalisme de la surface de la Terre.

Consciente que le conflit russo-ukrainien s'insère dans une crise gravissime du capitalisme, la plus importante depuis 1929, que dans le présent conflit militaire - pour le moment cantonné à l'Ukraine - s'affrontent les pays impérialistes occidentaux membres de l'OTAN et l'impérialisme russe tentant de se rattacher au char de l'impérialisme chinois, TCI souligne qu'il s'agit d'une étape majeure vers la troisième guerre mondiale,

Face à ce péril, qui se rapproche à grands pas, la TCI lance un appel au milieu révolutionnaire à former des comités de lutte révolutionnaire contre la guerre et le capitalisme.

"Nous proposons donc de mettre en place des comités « No War but the Class War » partout où nous sommes présents et d’inviter à y participer les individus et les groupes qui s’opposent à tous les nationalismes et reconnaissent que la seule guerre qui vaille la peine d’être menée est la guerre de classe pour mettre fin au capitalisme et à ses conflits impérialistes sanglants. Cela permettra aux minorités révolutionnaires dispersées d’aujourd’hui de combiner leurs forces et de transmettre le message de la nécessité de se battre à une classe ouvrière plus large".

Tels que présentés, ces comités serviraient de corps intermédiaires, semi-politiques, entre organes de lutte prolétarienne (comités de grève et de lutte) et organisations de regroupement révolutionnaire internationaliste.

Ce qui implique des critères de sélection pour une adhésion sans ambiguïté à de tels comités. Là dessus, cet appel à agir - ou plutôt REAGIR  à la passivité actuelle du prolétariat - demeure dans le flou.

Pendant la première guerre mondiale s'étaient formés des Comités pour la reprise des relations internationales afin de renouer des liens entre les maigres forces révolutionnaires existantes, liens brisés par la trahison définitive de la social-démocratie. Ces noyaux de résistance révolutionnaire s'étaient retrouvés à Zimmerwald et Kienthal. A Zimmerwald, on doit le rappeler, les représentants de l'internationalisme tenaient dans quatre charrettes ou voitures agricoles (Cf. Ma vie de Trotksy).

Ces noyaux s'appuyaient sur des minorités ouvrières significatives qui refusaient de marcher dans la guerre et qui dès 1915 firent entendre leur voix par des grèves de protestation, de l'Allemagne à la Russie, prenant de plus en plus un caractère politique.

Pour que l'existence de comités contre la guerre corresponde à un mouvement historique profond - faute de quoi leur artificialité les ferait dégonfler comme de simples baudruches - deux facteurs sont nécessaires :

- la survenue de grands mouvements de masse (grèves de masse) contre le capitalisme et son Etat dans chaque pays majeur de l'impérialisme mondial (Union européenne,  Grande-Bretagne, Russie, USA et Canada, Chine,  Inde, pays industrialisés d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique, île-continent australienne). Face à l'enjeu d'une troisième guerre mondiale, peut-être à court terme, seule la massivité et la simultanéité des réactions ouvrières peut faire reculer (provisoirement d'ailleurs) l'impérialisme mondial et ses différentes composantes nationales.

- une lutte de masse prolétarienne sans perspectives politiques radicales (s'emparer du pouvoir politique en détruisant l'appareil d'Etat capitaliste, ses polices et ses forces armées) serait condamnée au néant.

 L'appel de la TCI souligne l'importance de la question de l'organisation, tant celle des masses ouvrières que de ses expressions politiques internationalistes.  Il souligne avec une grande justesse  le besoin de vital de s’organiser, ou "peut-être de se réorganiser", après une trop longue période de passivité du prolétariat mondial.

Pour qu'une discussion fructueuse puisse s'engager à propos de ces comités, pour le moment purement fantomatiques, « No War but the Class War », deux interrogations se posent avec acuité :

- quelle forme peut prendre l'organisation politique du prolétariat, en  noyaux et en partis, dont la finalité ne peut être que  la prise du pouvoir en vue de mettre fin au capitalisme?

- les conseils ouvriers (mais aussi parfois de soldats) qui avaient été la forme révolutionnaire adoptée par le prolétariat de 1917 à 1921, seront-ils encore la "forme enfin trouvée du pouvoir", afin de regrouper des millions et des millions de prolétaires sur les cinq continents?

Le surgissement d'une organisation de masse du prolétariat en vue de détruire l'ensemble du capitalisme est la  question brûlante des années 2020. Elle doit être résolue rapidement faute de quoi la voie serait rapidement ouverte vers la troisième guerre impérialiste mondiale 

Cet appel de la TCI ne fait que souligner  en creux le  très grand retard des forces internationalistes à travers le monde face au seul réel enjeu historique : ou guerre d'extermination d'une partie ou de la totalité de l'humanité ou révolution mondiale dont l'ampleur ne peut se mesurer réellement que par son extension sur les cinq continents.

Les forces internationalistes sont malheureusement très faibles, souvent dispersées, parfois rongées par le  sectarisme le plus creux.  Elles ne pourront retrouver une capacité réelle à se confronter, à se regrouper, voire à s'unir, seulement si  - hic et nunc - le prolétariat se réveille de son long sommeil et devienne ce géant mondial seul à même  de briser les chaînes de l'esclavage qui enserrent la surface du globe terrestre.

Pantopolis, 11 avril 2022.

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