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théorie politique

Un texte du KAPD, mouvement de chômeurs, 1923 sur la prétendue lutte de races. Réactions à ce texte.

Publié le 18 Novembre 2016 par KAPD in prise de position politique

Traduction en espagnol :

 

¿Lucha racial o lucha de clase?. “Der Arbeitslose”, órgano de los comités de acción de Alemania, n° 1, p. 4, mayo 1923, Berlín.

 

 
 
¿Lucha racial o lucha de clase?

¡Los Judíos son responsables de todo! Esta mala reputación, donde quiera que vayamos nos atosiga los oidos. Los judios son responsables de la guerra, del Tratado de Versalles, de la ocupación del Ruhr, del ascenso del precio de los bienes de consumo, del paro, de la corrupción de los partidos obreros y de los sindicatos. En resumen, para cada desgracia, para cada acontecimiento, se mantiene el culpable: el Judío. Si uno viene resbala sobre algo y se rompe una pierna, está claro: es culpa del Judío! Recientemente, existía en Alemania uno cierto grupo político, por otra parte  insignificante, que para sus propios disparates hacía de los Judíos sus cabezas de Turco. ¿Y hoy? Debemos desgraciadamente constatar que estos razonamientos estúpidos han enraizado profundamente hasta en los filas obreras. El embrutecimiento nacionalista de nuestra joven generación en las escuelas y de los viejos obreros durante la guerra y la revolución les han faciitado la vía. Las organizaciones obreras han olvidado demasiado este problema y han favorecido involuntariamente esta propaganda. Así, hoy en día estamos confrontados al peligro de una lucha de razas. Las organizaciones apropiadas para ello han sido ya creadas (nacionales-socialistas en Alemania del Sur, Partido popular alemán de la libertad en Alemania de Norte). Esto no es el anuncio de peligros que solo implicarían a los Judíos en sí. Debemos esperar no sólo pogromos contra los Judíos, sino tambien la utilización de los obreros en interés del Capital. El Capital, son también los Judíos!, responden los partidarios de estos partidos dando como prueba los desempleados. ¡Ô es que no! Ciertamente existen también los capitalistas judíos, pero el capital que más pesa es el que está en las manos de señores Stinnes, Thyssen, Krupp que son todos muy pretendidamente «cristianos». Pero poco importa. No es contra las personas que nuestra lucha tiene que comprometerse, sino contra una clase, no contra las miembros de esta clase en tanto que seres humanos, pero sí contra el sistema económico y estatal dirigido por ellos. Nuestra lucha no tiene como objetivo su vida, nuestro objetivo es la transformación de los medios de producción, la transformación de la propiedad privada en propiedad colectiva. De este hecho, poco nos importa que el capitalista sea cristiano o judío. Es el Capital que es nuestro enemigo y no el que adhiere a tal o cual religión o pertenece a tal o cual raza.

¡Abrid los ojos, obreros! Este virus pogromista dirigido contra los Judíos, que quieren inocularnos, lo que quiere es desviaros de vuestros objetivos, usando el método que consiste en gritar: «Al ladrón!». No os dejéis desviar. Que nos importa la raza: somos todos de la misma especie, seamos Germanos, Eslavos, Latinos, Mongoles o Semitas. En cada uno de entre nosotros fluye la misma sangre roja que nos hace hermanos. Además, en tanto que obreros, nosotros no tenemos absolutamente ninguna razón de ser populistas. Nuestros sufrimientos, bajo condiciones idénticas, son absolutamente los mismos, cualquiera  que sea la raza o la nacionalidad, y es sólamente en común que podremos liberarnos. No sucumbáis a las mentiras, no os dejáis engañar; vuestro enemigo no es el Judío sino el Capital. Esto no es no la lucha de las razas sino la lucha de las clases que abre el camino de la libertad, el de salida de la miseria.

“Der Arbeitslose”, órgano de los comités de acción de Alemania
(suscitados por el KAPD en Berlín), n° 1, p. 4, mayo 1923, Berlín.
 

P.,

Rien à redire sur le fond pour l'époque mais des choses ont radicalement changé aujourd'hui et on doit en tenir compte :
- cet appel est motivé non pas seulement et même principalement par un internationalisme abstrait, mais par une perspective communiste qui n'existe pas (plus) présentement. Or c'est ça qui recouvrait les autres références des prolétaires et les rendaient alors secondes.
- ce n'est pas la même époque qui proclamait alors une sorte de "tous à l'usine" conseilliste avec la situation actuelle de pays capitalistes dominants où règnent plutôt, objectivement (la substitution capital/travail dans le procès de production) et subjectivement (la fin de l'affirmation de "l'identité" ouvrière) une crise du travail lui-même dans le procès de valorisation du capital et une crise de reproduction des rapports sociaux avec une tendance forte à l'inessentialisation de la force de travail. En effet, il n'y a plus besoin d'une armée industrielle de réserve même si le capital peut jouer encore, mais de plus à la marge ( comme on le voit avec le début des relocalisations) de la concurrence entre les travailleurs.
- le retour du racisme est donc aujourd'hui plus lié aux caractères spécifiques de ce que nous appelons la société capitalisée avec d'une part le déclin de toutes les références interclassistes que représentaient l'universalisme dont l'internationalisme n'était qu'une branche dérivée et classiste et le rationalisme (le "retour des religions") et d'autre part, mais ça va de pair, l'éclatement des rapports de classes en particularismes, le multiculturalisme en place de l'universalisme, les tendances déconstructivistes et post-modernes et donc la fin "des grands récits" (l'idéologie de la fin de l'Histoire), etc.
- si les tendances complotistes qui existaient déjà dans les années 1930 perdurent et même regagnent du terrain, le bouc émissaire n'est plus le même. L'antisémitisme (y compris de gauche" comme le signale très bien la revue NPNF) reprend de la vigueur certes, mais il n'est plus fondé sur un anti-capitalisme pour imbéciles qui assimilait les juifs à l'argent et donc au capital, mais il a plutôt pour base un antisionisme élargi qui ne fait pas masse. Le bouc émissaire est alors plus généralement l'étranger, comme figure de l'autre, sans que cela produise directement un racisme, mais plutôt l'impression d'une perte d'identité nationale même si celle-ci est reconnue comme composite et non pas naturelle dans les pays traditionnels d'immigration comme les Etats-Unis et la France. Le" racisme" contre les afro-américains ou les immigrés de confession musulmane dominante n'est donc pas essentiellement un racisme interne à la classe ouvrière, fraction contre fraction, comme dans les années 1930 où l'affrontement de classe n'était pas encore une formule de "révolutionnaire", mais une pratique.  D'ailleurs, les dernières élections américaines montrent, statistiques à l'appui, que la classe ouvrière des vieux secteurs industriels en déshérence ont quand même voté en majorité pour Clinton et non pour Trump, à partir du moment où ils étaient localisés dans de grandes agglomérations urbaines ; et à Marseille on ne jette pas les syriens ou plus généralement les arabes à la mer comme on y jetait les italiens dans les années 1920 !
En fait, c'est peut être le terme même de bouc émissaire qui devient impropre aujourd'hui dans une société capitalisée qui est aujourd'hui beaucoup plus "tolérante" que   celle qui sortait tout juste de la société bourgeoise et d'une domination encore "formelle" du capital. Les formes de racisme y sont donc beaucoup plus insidieuses car des lois traquent tout racisme affiché.
Voilà, même si c'est un peu rapide.

JW

 


Le 17/11/2016 à 22:40
 
Un article toujours actuel des comités de chômeurs du KAPD, à Berlin, 1923, qu’il sera très facile d’actualiser mondialement par une introduction adéquate. Le Capital, dans tous les pays, sur tous les continents, avec le chômage de masse, joue plus que jamais sur l’exacerbation des prétendus antagonismes “raciaux” pour étouffer dans l’œuf la lutte de classe du prolétariat.

 

Lutte raciale ou lutte de classe ?

 

 

Les Juifs sont responsables de tout! Cette mauvaise réputation, où que l’on aille, on nous en rebat aujourd’hui les oreilles. Les Juifs sont responsables de la guerre, du Traité de Versailles, de l’occupation de la Ruhr, de la hausse du prix des biens de consommation, du chômage, de la corruption des partis ouvriers et des syndicats. Bref, pour chaque malheur, pour chaque événement, on tient le coupable : le Juif. Si quelqu’un vient à glisser sur quelque chose et se casse une jambe, qu’à cela ne tienne, c’est la faute du Juif! Naguère, il existait en Allemagne un certain groupe politique, d’ailleurs insignifiant, qui pour ses propres sottises faisait des Juifs ses têtes de Turc. Et aujourd’hui ? On doit malheureusement constater que ces raisonnements stupides ont pris profondément racine jusque dans les rangs ouvriers. L’abrutissement nationaliste de notre jeune génération des écoles et des vieux ouvriers pendant la guerre et la révolution leur ont frayé la voie. Les organisations ouvrières ont trop négligé ce problème et ont involontairement favorisé cette propagande. Ainsi, aujourd’hui, nous sommes confrontés au péril d’une lutte des races. Les organisations appropriées ont déjà été créées (national-socialistes en Allemagne du Sud, Parti populaire allemand de la liberté en Allemagne du Nord). Cela n’est pas l’annonce de périls qui ne concerneraient que les Juifs en soi. On doit s’attendre non seulement à des pogroms contre les Juifs, mais encore à l’asservissement des ouvriers dans l’intérêt du Capital. Le Capital, ce sont bien les Juifs, répondent les démarcheurs de ces partis en donnant comme preuve les chômeurs. Ô que non ! Il y a certes aussi des capitalistes juifs, mais le capital qui pèse le plus est aux mains de messieurs Stinnes, Thyssen, Krupp qui sont tous trois prétendument «chrétiens». Mais peu importe. Ce n’est pas contre des personnes que notre lutte doit s’engager, mais contre une classe, non pas contre les membres de cette classe en tant qu’êtres humains, mais contre le système économique et étatique dirigé par eux. Notre lutte à nous n’a pas pour enjeu leur vie, l’enjeu c’est la transformation des moyens de production, la transformation de la propriété privée en propriété collective. De ce fait, peu nous importe que le capitaliste soit chrétien ou juif. C’est le Capital qui est notre ennemi et non celui qui adhère à telle ou telle religion ou appartient à telle ou telle race.

 

Ouvrez les yeux, ouvriers! Ce virus pogromiste dirigé contre les Juifs, on veut vous l’inoculer, on veut seulement vous détourner de vos objectifs, en usant de la méthode qui consiste à crier : «Au voleur ! ». Ne vous laissez pas dévoyer. Que nous importe la race : nous sommes tous de la même espèce, que nous soyons Germains, Slaves, Latins, Mongols ou Sémites. Dans chacun d’entre nous coule le même sang rouge qui fait de nous des frères. De plus, en tant qu’ouvriers, nous n’avons absolument aucune raison d’être des populistes. Nos souffrances, sous des conditions identiques, sont absolument les mêmes, quelle que soit la race ou la nationalité, et c’est seulement en commun que nous pourrons  nous libérer. Aussi ne succombez pas aux mensonges, ne vous laissez pas duper; votre ennemi, ce n’est pas le Juif, mais le Capital. Ce n’est pas la lutte des races mais la lutte des classes qui ouvre le chemin de la liberté, celui de la sortie de la misère.

 

(Der Arbeitslose, organe des comités d’action d’Allemagne (suscités par le KAPD à Berlin), n° 1, p. 4, mai 1923, Berlin.

 

 

 

Rassenkampf oder Klassenkampf?

 

 

Die Juden sind schuld an allem!  Diesen Ruf hört man heute wohin man kommt.  Die Juden sind  schuld am Krieg, am Versailler Vertrag, an der Besetzung des Ruhrgebiets, an der Versteuerung des Lebensunterhalts, an der Arbeitslosigkeit, an der Versumpfung der Arbeiterparteien, der Gewerkschaften, kurzum an jedem Unglück, an jedem Ereignis sind schuld : die Juden! Rutscht jemand über irgend etwas aus und bricht ein Bein, daran hat gewiss ein Jude schuld! Früher war es eine bestimmte, unbedeutende politische Gruppe in Deutschland, die für ihre Dummheiten in den Juden die Prügelknaben sah. Heute? Man muss leider eingestehen, dass bis tief in die Reihen der Arbeiterschaft diese blöde Gedankengänge Fuß gefasst haben. Nationalistische Verblödung unseres Nachwuchses in den Schulen und der alten Arbeiterschaft während Krieg und Revolution haben das zu Wege gebracht. Zu wenig Aufmerksamkeit der Arbeiterorganisationen diesem Problem gegenüber hat diese Agitation, ungewollt, begünstigt. So stehen wir heute vor der Gefahr eines Rassenkampfes. Eigene Organisationen werden dazu schon geschaffen (Nationalsozialisten in Süddeutschland, Deutschvölkische   Freiheitspartei in Norddeutschland) – das bürgt nicht nur Gefahren für die Juden in sich. Nicht nur Pogrome gegen Juden sind zu erwarten, sondern auch die Versklavung der Arbeiterschaft im Interesse des Kapitals. Das Kapital sind aber doch die Juden, antworten die Handgeldwerber der eben obengenannten Parteien auf den Nachweisen der Arbeitslosen. O nein. Wohl gibt es auch jüdische Kapitalisten, aber das auschlaggebende Kapital liegt in den Händen der Herren Stinnes, Thyssen, Krupp, die alle drei sogenannte „Christen“ sind. Aber das ist gleich. Nicht gegen die Person soll sich unser Kampf richten, sondern gegen die Klasse, nicht gegen die Angehörigen dieser Klasse als Menschen, sondern gegen das von ihnen beherrschte Wirtschafts- und Staatssystem. Nicht geht unser Kampf um ihr Leben, sondern um die Produktionsmittel aus ihrem Privatbesitz in das Gemeineigentum überzuführen. Dabei ist es gleich, ob nun der Kapitalist Christ oder Jude ist. Das Kapital ist unser Feind und nicht der Religions- oder Rassenangehörige.

 

Augen auf Arbeiter! Durch die Pogromstimmung, die man in euch gegen die Juden erzeugt, woll man euch nur ablenken, nach der Methode: haltet den Dieb! lasst euch nicht irreführen. Was kümmert  uns die Rasse, wir sind alle Menschen gleicher Art, ob Germane, Slave, Romane, Mongole, Semit. In allen von uns rollt das gleich rote Blut, das uns zu Brüdern macht. Als Arbeiter noch dazu haben wir ganz und gar kein Recht, Volkstümler zu sein. Wir leiden, ganz gleich, welcher Rasse oder Nationalität wir sind, unter gleichen Bedingungen und können uns nur gemeinsam befreien. Lasst euch deshalb nicht belügen und betrügen; euer Feind heißt nicht Jude, sondern Kapital. Nicht Rassen- sondern Klassenkampf ist der Weg zur Freiheit und aus dem Elend heraus.

 

(Der Arbeitslose, Organ der Aktions-Ausschüsse Deutschlands (Nebenorganisation der KAPD), n° 1, p. 4, Mai 1923, Berlin.

 

 

 

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